‹ Essai sur le principe de populationChapitre 21 sur 368 · OBSTACLES A LA POPULATION IIANS LA SOCIÉTÉ HUMAINE · texte numérisé non relu

OBSTACLES A LA POPULATION IIANS LA SOCIÉTÉ HUMAINE

Un des naturels, «lui avait avec lui un jeune enfant, fut surpris par quelques colons sur la rivière Hawkesbury. Il s'élança dans son canot, et laissa derrière lui, dans sa retraite précipitée, le mets qu’il venait de préparer et dont il était sur le point de se régaler. C'était un gros ver, qu’il venait de tirer d’une pièce de l>ois flotté et vermoulu, et qu’il avait déjà commencé de manger. L’odeur de cet insecte et de son ancienne habitation était insupportable. On appelle ce ver, dan s le langage du pays, ca-bro. Et il y a une tribu de l’intérieur des terres, qui s'appele Cabro-gal, parce qu’elle fait de ce met dégoûtant sa principale nourriture. Les habitants des bois composent avec la racine de fougère, mêlée de quelques fourmis, de la grande et île la petite espèce, une sorte «le pâle alimentaire, à laquelle ils ajoutent, dans la saison, les œuf* ou nymphes de ces mêmes insectes '.

lii o«’i les hommes sont obligés d’avoir recours à de tels moyens de subsistance, où la nourriture animale et végétale est si rare, et où le travail nécessaire pour l’obtenir est si pénible, il est évident que la population doit être faible et éparse. Les limites auxquelles elle peut atteindre sont nécessairement peu élevées. Mais si nous prenons en considération les coutumes étranges et barbares Vie ces peuples, les cruels traitements qu’ils font éprouver aux femmes, et la diflicullé d’élever des enfants dans la situation où ils se trouvent; bien loin d’être surpris que la population ne s’élève pas au-dessus de ses bornes actuelles , nous serons portés à croire que les moyens de subsistance qu’offre ce pays, tout faibles qu'ils sont, doivent excéder le liesoin du petit nombre d’habitants échappés à tant de causes de destruction.

Chez ces peuples, l’amour s’annonce par des actes de violence et de férocité. C’est parmi les femmes d’une tribu ennemie que le jeune sauvage fait son choix. Il épie le moment où celle qu’il recherche est seule et privé de ses prolccteui-s naturels ; il s’approche sans être aperçu , l’élourdità coup de massue ou avec son épée de boisdui" lafrappc sur la tête, sur le dos , sur les épaules, si rudement que chaipie coup fait couler des Ilots desang. Il l’enlève ensuite d’un bras à travers la forêt, sans se mettre en peine des pierres et des éclats de bois dont la route est semée, impatient d’amener sa proie au lieu qu’habite sa propre tribu. Là, après d’autres actes de barbarie, cette femme est reconnue comme sa propriété, et dès lors il est rare qu’elle quitte son nouveau maitre. Cet outrage n’est pas vengé par les parents de la femme, si ce n’est «piedansl’occasion ils usent de représailles, en enlevant des femmes à leurs ennemis*.

1 Collins , Vetcript. île la Nouv.-Ualle mérid., p. 538. — 1 Ibid , p. 339.

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