SYSTÈMES AGRICOLE ET COMMERCIAL COMBINÉS
île pauvreté et de mouvements rétrogrades tant en capital qn’en population , qui ferait plus que balancer les bénétices temporaires dont il aurait précédemment joui. Au contraire, une nation dont la population commerciale et manufacturière est constamment nourrie des produits de sa propre agriculture, peut recevoir, par quelque circonstance passagère, une forte impulsion dans l’une et l’autre de ces branches d’industrie, sans être exposée à des maux graves si ces circonstances viennent à cesser.
Les pays qui joignent ainsi de grandes ressources rurales à un état prospère du commerce et des fabriques, et dans lesquels la partie commerciale de la population n’excède jamais beaucoup la partie agricole, sont plus que tout autre à l'abri des revers soudains. Leur fortune croissante semble être hors d'atteinte pour les accidents communs; et il n’y a pas de raison d'allirmer qu’ils ne croîtront pas en richesse et en population pendant des siècles.
Il ne faut pas croire toutefois qu’il n’v ail à ce progrès aucune limite; il y en a une, quoiqu'elle puisse être très éloignée, et quoique certainement aucune nation grande et riche en terre ne l’ait encore atteinte.
Nous avons déjà vu que la limite marquée à la population des nations commerciales est l'époque où, par l’état des marchés étrangers, elles sont dans l’impuissance d’importer régulièrement une quantité croissante de nourriture. La limite de population pour une nation qui se nourrit des produits de son territoire est le moment où la terre a clé si complètement occupée et travaillée, que l’emploi d’un nouvel ouvrier pour ce genre d’ouvrage ne peut , par une moyenne , produire une quantité additionnelle de nourriture suffisant à nourrir une famille et le nombre d’enfants requis pour que la population augmente.
Il est évident que c’est là une limite extrême que la population ne peut point franchir, qu'aucune nation n’a atteinte ni n'atteindra jamais, puisqu'on la posant, nous n’avons rien alloué pour les objets de première nécessité autres que la nourriture, ni pour les profits des fonds, deux objets qui, calculés au plus bas, ne laissent pas d’étre toujours de quelque importance.
Cependant cette limite même est loin d’étre celle de la capacité de produire qu’aurait la terre, si tous les habitants du pays étaient occupés à la cultiver, à l’exception seulement des producteurs d’autres objets de première nécessité; c’est-à-dire, si les soldats, les marins, les domestiques, et tous les ouvriers de luxe étaient convertis en ouvriers à la terre. F.n ce cas, chacun d'eux ne produirait pas de quoi pourvoir à