LIVRE III. — CHAPITRE X
remplissant à cette époque la fonction de fermier, sont les seuls qui puissent les employer.
Secondement , les améliorations dans l’agriculture. Si l'on invente des manières de cultiver nouvelles et supérieures aux précédentes, par lesquelles la terre est non-seulement mieux travaillée, mais encore avec moins de bras , on comprend aisément que les terres de qualité inférieure peuvent donner à ceux qui les font cultiver des profits plus élevés qu’on n’en obtenait auparavant des terres les plus riches. Un système de culture plus parfait, joint à l'usage d'instruments meilleurs, peut, pendant une longue suite d'années, faire plus que contrebalancer la tendance qu’a une culture étendue et un grand accroissement de capital à faire baisser la valeur proportionnelle du revenu.
Troisièmement, le perfectionnement des fabriques. Lorsque, par une augmentation d'habileté et par l'invention de machines de plus en plus parfaites dans les ateliers des fabricants, un homme est mis en état de faire autant d’ouvrage que huit ou dix en pouvaient faire, on sait très bien que , par la concurrence intérieure et par le grand accroissement de quantité produite qui en résulte , les prix des ouvrages fabriqués de la sorte baissent beaucoup. En tant donc que ces prix s'appliquent aux objets de nécessité et de commodité auxquels sont accoutumés les ouvriers et les fermière, ils tendent à diminuer cette portion de la valeur de la totalité du produit qui se consomme nécessairement dans le pays, et ils laissent par conséquent un plus grand reliquat. De ce reliquat supérieur de produit dérivera quelque surhaussement dans le taux des profits, nonobstant l'accroissement du capital et l'extension de la culture.
Quatrièmement, la prospérité du commerce extérieur. Si , par l’état prospère du commerce avec l’étranger, notre travail et les marchandises du pays haussent beaucoup de prix, tandis que celles du dehors haussent peu en comparaison, comme cela arrive fort souvent; le fermier et l’ouvrier achèteront le thé, le sucre, les cotons, la toile, les cuirs, le suif, les bois de construction, etc., dont ils ont besoin pour une quantité de grains ou de travail moindre que ci-devant. Cette facilité à se pourvoir de marchandises étrangères aura précisément le même effet que le perfectionnement des fabriques; elle fournira le moyen d’étendre la culture sans faire tomber les profits.
Cinquièmement, un accroissement temporaire dans le prix relatif du produit brut, provenant d’une augmentation de demande. Lors même que l’on accorderait (ce qui certainement n’est pas) qu’une hausse dans le prix du produit brut amène, après un certain temps, une hausse