SYSTÈMES COMMERCIAL ET AGRICOLE COMBINÉS
proportionnée dans le prix du travail * et de toutes les marchandises, du moins pendant le temps où le prix du produit commence à hausser, il peut y avoir quelque hausse dans les profits de la culture, là où celleci est fort étendue et où le capital ne cesse point de s'accumuler. De tels intervalles (il est bon de le remarquer) sont d’une haute importance, pour une nation terrienne, dans le cours de ses progrès vers la richesse, surtout relativement aux causes du défaut de capital engagé sur la terre dont nous parlions tout-à-Phcure. Si c’est la terre même qui engendre la plus grande partie du nouveau capital employé à étendre la culture, et si l’emploi d’un capital considérable, soutenu pendant un certain temps, met souvent la terre dans un si bon état, qu’elle peut être cultivée ensuite à moindres frais, une période de hauts profits agri- ‘ coles, quand elle ne durerait que huit ou dix ans, peut souvent sullirc pour donner à un pays l’équivalent d’une nouvelle quantité de terres.
Ainsi, bien qu’il soit incontestablement et nécessairement vrai, que la tendance d’un capital continuellement croissant et d’une étendue croissante de culture soit d’occasionner une baisse progressive des profits et deS salaires , toutefois les causes que nous venons d’énumérer sont évidemment sullisantes pour expliquer les grandes et longues irrégularités de cette marche.
Nous voyons en conséquence , dans tous les États de l’Kurope, de grandes variations, à différentes époques, dans les progrès de leur capital et de leur population. Après être restées comme assoupies pendant nombre d’années dans un état presque stationnaire, quelques pays ont pris tout-à-coup l’essor cl ont commencé à croître dans des rapports voisins de ceux que suivent les colonies nouvelles. La ltussie et quelques parties de la Prusse ont offert des exemples de ce genre , et elles ont continué d'avancer de la sorte, même après une suite d’années employées à accumuler des capitaux et à étendre la culture avec une grande rapidité.
L’opération des mêmes causes a produit en Angleterre des variations analogues. Vers le milieu du dernier siècle, l’intérêt de l’argent était de trois pour cent, et on en peut conclure que les profits des fonds
1 Une hausse, occasionnée exclusivement par l'augmentation de la quantité de travail qui peut Aire demandée, suivant le progrès de la Société, pour produire une quantité donnée de grains sur la dernière terre mise en culture, doit naturellement être particulière au produit brut ; elle n’est pas de nature à se communiquer aux marchandises, dans la production desquelles il n’est survenu aucune augmentation de travail. ( Noie de l'auteur.)