LIVRE III. — CHAPITRE XI
sont les restilulions de droits aux marchandises du dedans ei du dehors, l’abondance des productions coloniales, et certains produits particuliers' dont la demande au-dchors ne serait pas fort affectée d’une hausse dans le prix.
Troisièmement, le perfectionnement des machines, combiné avec un grand capital et une division du travail très avantageuse.
Si, dans un pays quelconque, à l'aide du capital et des machines, un homme est mis en état de faire l’ouvrage de dix, il est manifeste qu’avant l’époque où d’autres pays auront obtenu les mêmes avantages, une hausse dans le prix du travail nuira peu à la facilité de vendre les marchandises à la production desquelles le capital et les machines s’appliquent si utilement. 11 est bien vrai qu’une hausse dans le prix nécessaire du travail, qui augmente les frais de la production du blé, peut avoir le même effet sur beaucoup d’autres marchandises ; et si toutes étaient dans le meme cas, l'importation des grains étrangers ne serait point encouragée, puisque le pays en question ne pourrait l’acheter avec aucun objet d’échange qui, dans l’étranger, fût à plus bas prix que le blé meme. Mais un pays commercial peut exporter beaucoup de marchandises qui n’offrent pas cet inconvénient. Les unes sont des produits propres il ce pays ou à ceux qui sont soumis à sa domination; les autres sont des ouvrages dus à ses grands capitaux et à ses machines supérieures, ouvrages dont les prix sont déterminés plutôt par la concurrence intérieure et domestique que par celle qui a lieu dans les pays étrangers. Toutes les marchandises de ce genre peuvent évidemment soutenir, sans trop de perte , une hausse dans le prix du travail ; les unes d’une manière permanente, les autres pendant un temps considérable. La hausse dans le prix d’une marchandise, occasionnée de cette manière, ou plutôt la chute de son prix prévenue , peut toujours avoir l’effet de diminuer plus ou moins la quantité de l’exportation qui s’en fait; mais il ne s'ensuit pas qu’elle doive diminuer la totalité de sa valeur en lingots dans l’étranger; or, c’est là précisément ce qui détermine la valeur échangeable de la marchandise, et en général la quantité des retours. Si les cotons en Angleterre tombaient à la moitié de leur prix actuel, elle en exporterait sans contredit plus qu’à présent , mais je doute fort qu’elle en exportât une quantité double; et cependant c’est ce qu’elle devrait faire pour se mettre en état de commander autant de produits étrangers qu’auparavant. En ce cas, comme dans plusieurs autres ana-
1 l'nc hausse dans le prix du travail à la Chine aiTcclerait certainenienl les retours qu'elle reçoit pour ses thés. (.\o(r de l'auteur).