L1VI1F. III. — CHAPITRE XI
la hausse du prix du blé, si ce n’esl en tant que ce capital requiert un renouvellement graduel; or, l’avantage que procurent des machines, construites avant que le prix du travail eût haussé, doit naturellement durer quelques années.
Dans le cas aussi où l’on aurait mis de grandes et nombreuses taxes sur la consommation, une hausse ou une baisse dans le prix du blé affecterait la partie des salaires qui se résout en nourriture , mais n'affecterait point la partie qui paie les taxes.
Ou ne saurait donc admettre en thèse générale, que le prix monétaire du blé dans un pays soit une juste mesure de la valeur réelle de l’argent dans ce pays là. Mais toutes ces considérations, bien que d’un grand poids pour le propriétaire de la terre, ne peuvent avoir d’influence sur le fermier au-delà de la durée de son bail actuel. A l’époque où il expire, tout avantage dont il a joui en conséquence d’un rapport favorable du prix du blé au prix du travail lui est enlevé, et tout désavantage résultant d’un rapport défavorable est compensé pour lui par le propriétaire. La seule cause qui détermine alors le rapport du capital qui vient de s'engager dans les entreprises agricoles à tout le capital du pays, est l’étendue de la demande effective du blé. Si donc la gratification a réellement étendu cette demande, ce que certainement elle a dû faire, il est impossible qu'il n’en soit pas résulté une plus grande masse décapitai appliqué aux entreprises agricoles.
Lorsqu’Adam Smith dit que la nature des choses a imprimé au bléune valeur réelle, qui ne peut être altérée simplement en altérant son prix monétaire; et qu’aucune gratification à l’exportation, aucun monopole accordé au marché intérieur, ne peut élever cette valeur, comme aussi la plus libre concurrence ne peut la faire baisser, il est évident qu’il change l’état de la question, passant des profits du producteur de blé ou du propriétaire du sol, à la valeur physique et absolue du blé luimême. Je n’entends pas dire assurément que la gratification change la valeur physique du blé, et fait qu’un boisseau nourrisse aussi bien un plus grand nombre d'ouvriers qu’il ne pouvait en nourrir auparavant. J’entends que la gratification, accordée au cultivateur britannique, augmente réellement , dans l’état actuel des choses , la demande du blé qu’il produit, et l’encourage par-là à en semer plus qu’il n’aurait fait sans cela; qu’en conséquence elle le met en état d’employer plus de boisseaux de blé à nourrir un plus grand nombre d’ouvriers.
Si la théorie d’Adam Smith était vraie, et que le prix du blé fût immuable; si ce produit ne pouvait point éprouver une augmentation ou une diminution de valeur relative par comparaison au travail et aux