LOIS SU II LES GHA1NS. PKIMES A L’EXPOIITATION
autres choses vénales, la situation de l'agriculture serait bien malheureuse. Elle se trouverait tout-à-coup exclue de l'influence de ce principe, si bien exposé dans la Richesse des nations , en vertu duquel le capital coule d'un emploi à un autre, selon les besoins de la société, besoins variés et nécessairement soumis à de fréquentes fluctuations.
Mais assurément on ne peut douter que le prix réel du blé ne varie, bien qu'il puisse moins varier que celui des autres marchandises ; qu'en certains temps tous les ouvrages faits ne soient meilleur marché, et en d'autres plus chers, en proportion du prix du blé; que dans un de ces cas le capital ne coule des manufactures à l’agriculture; et dans l'autre, tle l’agriculture aux manufactures. Perdre de vue ces diverses époques, ott leur donner peu d’importance , c’est ce qu’on ne peut se permettre en ces matières, parce que, dans toutes les branches de commerce et d'industrie, ce sont ces époques qui donnent le principal encouragement, à l'accroissement des produits. Sans doute les prolits des entreprises, dans une branche quelconque d'industrie, ne peuvent point rester longtemps au dessus des autres prolits; mais comment sont-ils réduits au commun niveau, si ce n’est par le versement du capital dans ces entreprises plus protitables? Ce ne peut jamais être l'objet d’un vœu national d’accroître d’une manière permanente les prolits d’une classe particulière d’entrepreneurs. L’objet national est d’augmenter le produit offert.
Mais cet objet ne peut être atteint qu'eu faisant préalablement croître les profits des producteurs, et en déterminant ainsi une plus grande quantité de capital à se porter vers cet emploi. Les propriétaires de t,
vaisseaux et les navigateurs de la Grande-Bretagne 11e font pas de plus grands protits qu’ils n'en faisaient avant l'acte de navigation ; mais l'objet que la nation avait en vue n’était pas d’aceroilre les protits des propriétaires de vaisseaux et des navigateurs; elle voulait augmenter le nombre de ses vaisseaux et de ses marins. C’est ce qu’elle ne pouvait opérer que par une loi qui, en augmentant la demande de ces biens-là, élevât les profits du capital qu’on avait coutume d’y appliquer et en lit couler une plus grande masse dans ce même canal. L’objet que la nation aen vue dans l’établissement de la gratification n’est pas d’accroître les protits des fermiers et des propriétaires des terres, mais de déterminer une plus grande quantité du capital national à se répandre sur la terre et d’accroître ainsi les produits offerts. En considérant la hausse du prix du blé qui est produite par une augmentation de la demande, il arrive que la hausse des salaires, la hausse de la rente, la baisse de la valeur de l’argent , compliquent le sujet et y répandent une sorte d’obscurité ; mais ou 11e peut se refuser à reconnaître que le prix du