LOIS SUR LES GRAINS. ENTRAVES A L’IMPORTATION
gênes l'importation des grains et en mettant l’agriculture en état de marcher du même pas que les manufactures.
Quatrièmement, si un pays jouit d'un sol et d’un climat tels, que les variations de son produit annuel en blé soient moindres que dans la plupart des autres contrées, il en peut résulter pour lui une raison de plus d’envisager quelques gênes h l’importation du blé comme une mesure politique. Les diverses contrées diffèrent beaucoup dans les variations qu’elles sont sujettes il éprouver relativement b leurs approvisionnements annuels. Si toutes étaient b cet égard b peu près semblables, et si le commerce des grains était réellement libre, la constance du prix dans un Étal particulier serait d'autant plus assurée que le nombre des nations avec lesquelles il commercerait en grains serait plus grand. Mais on ne peut pas appliquer ce principe b un cas où les suppositions sur lesquelles il se fonde sont entièrement changées; c'estb dire, lorsque quelques-unes des contrées comprises dans le cercle du commerce sont sujettes b des variations dans leurs approvisionnements de blé fort grandes comparativement, et quand ce désavantage se trouve aggravé par le manque bien constaté d’une liberté réelle du commerce des blés avec les pays étrangers.
Supposons, par exemple, que les variations extrêmes, au-dessus et au-dessous de la quantité moyenne du produit en blé, soient en Angleterre 1/4, et en France 1/3, un libre commerce entre les deux pays augmenterait probablement les variations dans les marchés anglais. Au Bengale , le riz est quelquefois, au rapport de sir Georges Colebrook, quatre fois aussi cher une année que l’année suivante, sans qu’il en résulte une famine ni même une disette1; et malgré le fréquent retour des abondantes récoltes, il survient quelquefois des déficits tels qu’ils font périr une partie considérable de la population. Supposons que, rapprochant le Bengale, on le comprit dans le cercle commercial de l’Angleterre et de la France, il n'est pas douteux que, dans ces deux derniers pays, on n’éprouvât plus de variations qu'avant cette adjonction.
Au fait, il y a lieu de croire que les Iles Britanniques, par la nature de leur sol et de leur climat, jouissent d’une manière particulière de l’avantage d’être b l’abri des grandes variations dans leur produit annuel en grains. Si l’on a comparé les prix du blé en Angleterre et en France,
1 Agriculture du Bengale , p. 108, note, angl. L’auteur observe au texte de la même page, que le prix du blé y est sujet à beaucoup plus de fluctuations qu'en Europe. (I Sole de l'auteur.)