CHAPITRE XIV. — OBSERVATIONS GÉNÉRALES
On a remarqué que plusieurs nations, au plus haut période de leur population, ont vécu dans l’abondance et ont été en état d’exporter des grains ; tandis qu’à d’autres époques de*feur existence, où leur population était très faible, elles ont "éprouvé le besoin et se sont vues réduites à vivre de blé importé chez elles de l’étranger. L’Égypte, la Palestine, Rome, la Sicile, l’Espagne ont été citées en exemple ; et on en a inféré que l’accroissement de la population, dans un pays qui n’est pas cultivé autant qu’il peut l'être, tend plutôt à augmenter l'abondance relative qu’à la diminuer; qu’un pays , comme dit lord Kaimes, ne peut presque pas devenir trop peuplé par rapport à l'agriculture ; et que l’agriculture a la propriété vraiment singulière de produire la nourriture en proportion du nombre des consommateurs ’.
Les faits généraux d’où l’on tire ces conséquences ne peuvent pas être révoqués en doute. Mais les conséquences ne découlent point des prémisses. C’est le propre de l’agriculture, surtout lorsqu'elle est bien
1 Sketches of the hiatory of nui», h. I, p. 406, 107, in-S", 1788.