‹ Essai sur le principe de populationChapitre 234 sur 368 · UVHE III. — CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

UVHE III. — CHAPITRE XIV

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produits manufacturés , l'usage plus général des pommes de terre , et l’accroissement des sommes distribuées par les paroisses, donnèrent aux classes inférieures le pouvoir de commander une plus grande quantité de nourriture, et suffisent à expliquer, sans s’écarter du principe fondamental , l'accroissement plus rapide de population pendant cette dernière période.

De même si, dans certains climats chauds et sur un riche sol, où le blé est à bas prix , la quantité de nourriture gagnée par le travail d’un jour promet plus de progrès que la population n’en fait réellement , ce fait s'expliquera fort bien, si des habitudes invétérées de paresse, entretenues par un mauvais gouvernement et jointes à une demande de travail languissante, s’opposent à ce que les ouvriers trouvent constamment de l'ouvrage Il faudrait en conséquence que le prix de la journée, valeur en blé, fût fort élevé, pour maintenir la population seulement à l’état stationnaire, dans un pays où les jours de travail seraient réduits à la moitié de ceux de l’année.

Et dans le cas aussi où des habitudes de prudence, un goût décidé pour l'aisance et les douceurs de la vie, deviendraient dominants : comme ces goûts et ces habitudes n’agissent pas de manière à encourager les mariages précoces et ne font pas porter la dépense exclusivement sur le blé, il doit arriver, conformément à nos principes, que la population, toutes choses égales, ne s’accroisse pas dans le même rapport qu’elle suit dans d’autres contrées, où le salaire du travail est cependant aussi élevé.

La quantité d’emploi offerte à l’activité dans un pays ne varie point d’une année h l’autre, comme peut varier la quantité du produit, en conséquence des bonnes ou mauvaises récoltes. II suit de là que l'obstacle qu’oppose à la population le défaut d’emploi agit d'une manière beaucoup plus constante et par-là même moins défavorable aux classes inférieures, que l’obstacle provenant du défaut de nourriture. Le premier agit à la manière des obstacles privatifs, le second est un obstacle destructif. Quand la demande de travail est stationnaire , ou lorsqu’elle croit fort lentement, les ouvriers ne voyant pour eux aucun emploi d’activité qui puisse les mettre en état de soutenir la charge d’une famille, ou voyant que les salaires du travail sont insuffisants pour une telle dépense , s'abstiennent de se marier. Mais si la demande de travail croit

1 Celle remarque trouve son application dans ta lenteur des progrès de la population en quelques parties des possessions espagnoles d’Amérique, comparée à la rapidité, de ce même progrès aux États-Unis. (.Vote de l'auteur.)

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

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