‹ Essai sur le principe de populationChapitre 238 sur 368 · PRATIQUER CETTE VERTU · texte numérisé non relu

PRATIQUER CETTE VERTU

Puisqu'il parait que, dans l'état actuel de toutes les sociétés que nous venons d'examiner, l'accroissement naturel de la société a été constamment et cllicacement contenu par quelques obstacles répressifs; puisque ni la meilleure forme de gouvernement, ni aucun plan d’émigration, ni aucune institution de bienfaisance, ni le plus haut degré d’activité, ni la direction la plus parfaite de l’industrie, ne peuvent prévenir l’action permanente de ces obstacles, qui, sous une forme ou sous une autre, contiennent la population dans certaines bornes , il s'ensuit que cet ordre est une loi de la nature, et quü faut s'y soumettre ; et la seule circonstance qui est ici laissée h notre choix est la détermination de l’obstacle le moins préjudiciable à la vertu et au bonheur.

Tous les obstacles que nous avons reconnus nous ont paru se réduire h ces trois classes : la contrainte morale , le vice et le malheur'. Si ce point de vue est juste, notre choix ne peut être douteux.

Puisqu'il faut que la population soit contenue par quelque obstacle, il vaut mieux que ce soit par la prudente prévoyance des difficultés qu’entraîne la charge d’une famille, que par le sentiment actuel du besoin et de la souffrance. Celte idée, qui va être développée, paraîtra sans doute conforme à la raison et à la nature. Et si quelques opinions contraires ont été accueillies, c’est dans des siècles de barbarie qu’elles ont pris naissance ; et elles ne sé sont soutenues et propagées au-delà de cette époque, que parce qu’il s’est trouvé quelques hommes intéressés à les défendre.

Les maux physiques et moraux semblent être les instruments employés parla divinité pour nous avertir d’éviter, dans notre conduite,

1 (Xi le vice et la misère (miscry). Voyez ee qu’ont dit, en commençant, l'auteur et Ica traducteurs, p. ta et suivantes. IJph. G.)

4ÛS

Page 1