POUVOIR
Celui qui publie un code de morale, ou un système de nos devoirs, «
tout convaincu qu’il est de l’inviolable obligation qui soumet tous les hommes k ses lois, n’a pas conçu la folle espérance de les voir universellement, ou même généralement pratiquées. Toutefois il n’en résulte aucune objection contre la publication d’un tel code. Car si cela était, une telle objection étant toujours applicable, aucune règle de conduite u'aurait pu être publiée; et k tous les vices auxquels la tentation nous expose, on verrait s’ajouter un bien plus grand nombre de vices qui seraient le fruit de l'ignorance.
En parlant simplement des lumières naturelles, si d’un côté nous sommes bien convaincus des maux qu’entraine une population excédante, et de l'autre du malheur qui est la suite de la prostitution , surtout pour une moitié du genre humain , je ne vois pas comment un homme qui fonde la morale sur le principe de l’utilité peut échapper k cette conclusion, que jusqu’à l’époque où nous avons de quoi pourvoir k l’entretien d’une famille, la contrainte morale est pour nous un devoir. Reprenant ensuite la révélatiou pour notre règle , nous y trouverons ce devoir pleinement cousacré. Malgré cela , je ne crois pas que parmi mes lecteurs il s’en trouve beaucoup qui se livrent moins que moi k l’espoir de voir les hommes changer généralement de conduite k cet égard. Aussi, la principale raison pour laquelle je viens de tracer le