‹ Essai sur le principe de populationChapitre 250 sur 368 · MOYEN D’AMÉLIORER LE SORT DU PAUVRE. «S · texte numérisé non relu

MOYEN D’AMÉLIORER LE SORT DU PAUVRE. «S

tableau d'une société où la vertu que je recommande serait universellement pratiquée, était de mettre la bonté divine à l'abri de toute imputation à cet égard, en montrant que les maux qui naissent du principe de population ne sont pas d'ime autre nature que tous les autres maux sur lesquels on n’élève pas les mêmes plaintes; que c’est notre ignorance ou notre indolence qui aggrave ces maux, et que les lumières et la vertu peuvent les adoucir; que si tous les hommes remplissaient exactement leurs devoirs, on verrait ces calamités presque entièrement disparaitre; que cet avantage immense aurait lieu, sans diminuer d’autre part la somme des plaisirs que peuvent nous procurer des passions bien dirigées , lesquelles, sous cette forme, ont été considérées avec raison comme le principal élément du bonheur.

Lorsqu'un tableau de ce genre peut éclairer la discussion, je ne vois aucun inconvénient h le tracer; et il ne me semble pas qu’on puisse traiter un écrivain de visionnaire pour s’être livré à de telles suppositions, h moins qu’il ne prétendeque, pour donner h son système quelque utilité pratique, il est indispensable d'obtenir une obéissance universelle, ou seulement générale, aux règles qu’il prescrit, au lieu de se contenter de ce degré d’amélioration moyenne et partielle, qui est tout ce qn’on peut raisonnablement espérer de la connaissance et de l’exposition la plus pleine de nos devoirs.

Mais à cet égard, il y a une différence essentielle entre le tableau fictif que j’ai présenté et d'autres tableaux de même genre. L’amélioration que j’ai supposée pourrait s’opérer par la même voie par laquelle on a vu d’autres améliorations obtenues; je veux dire, par l’application directe au bien général de l’intérêt particulier et du bonheur croissant de chaque individu. Ici on n’exige point de nous d’agir d’après des motifs nouveaux et étrangers à nos habitudes; on ne nous propose pas d'avoir en vue le bien général , qui peut-être passerait les bornes de notre intelligence, ou dont l’impression s’affaiblirait par la distance ou la dispersion sur un trop grand nombre d’objets. Le bonheur social doit résulter du bonheur des individus, et chacun d’eux n’a qu’à commencer par s’occuper du sien. Il n’y a pas même ici besoin de coopération. Chaque pas mène au but. Quiconque fera son devoir en recevra la récompense, quel que soit le nombre de ceux qui s’y dérobent. Ce devoir est exprès, à la portée de la plus faible intelligence; il se réduit à ne pas mettre au monde des enfants que l’on n’est pas eo état de nourrir. Ce précepte, débarrassé de l’obscurité dont le couvrent divers systèmes de bienfaisance publique et particulière, ne peut manquer de frapper par un caractère de vérité, et tout homme sentira sans doutff

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