MOYEN D'AMÉLIORER LE SORT DU PAUVRE
des sujets à son roi et à son pays; il s'est conformé à cette maxime, et cependant il est dans la souffrance, et il doit croire naturellement que c’est pour la bonne cause qu'il souffre. Il ne peut même manquer d'envisager comme une injustice, comme une vraie cruauté, de la part de son roi et de son pays, de le laisser dans la détresse en retour du don qu'il leur a fait, d'après leurs propres sollicitations, et d'après leurs déclarations répétées du besoin qu’ils ont 'de recevoir de tels présents.
Jusqu'à ce que ces idées erronées aient été rectifiées, que le langage de la nature et de la raison, sur ce qui concerne la population, soit généralement entendu, et qu'il ait remplacé le langage de l'erreur et du préjugé, on ne saurait dire qu’on ait essayé encore d’éclairer la raison du peuple. Pour avoir droit de l'accuser, il faut commencer par l'instruire. Il faudra se plaindre de son imprévoyance et de sa paresse, s'il continue à agir comme il fait, après qu'on lui aura démontré qu'il est lui-mème la cause de sa pauvreté ; que le remède dépend de lui et de nul autre que de lui; que la société dont il fait partie et le gouvernement qui la dirige n’y peuvent rien ; que , quel que soit le désir qui porte l'une et l'autre à le soulager, quels que soicut les efforts qu'ils font pour y parvenir, ils sont bien réellement incapables de satisfaire à leurs désirs bienveillants et à leurs imprudentes promesses ; que lorsque le salaire des ouvriers n’est pas suffisant pour l’entretien d'une famille, c’est un signe évident que leur roi et leur pays ne demandent pas de nouveaux sujets, ou tout au moins qu'ils sont hors d'état de les nourrir; que dans cet état de choses si l’homme pauvre se marie, bien loin de remplir un devoir envers la société, il la charge d’uu poids inutile, en se rendant lui-méme misérable; que c’est là agir directement contre la loi de Dieu , et s'attirer volontairement des souffrances et des maladies dont la plupart, si ce n'est toutes, pouvaient être aisément évitées, en prêtant l'oreille aux avertissements répétés de la divinité.
Le docteur Paley, dans sa Philosophie morale , dit que « dans les pays où les subsistances sont devenues rares, il convient que l’État veille sur les mœurs publiques avec un redoublement d’activité, car alors il n’y a que l'instinct de la ualure, soumis à la contrainte que la chasteté lui impose, qui puisse engager les hommes à se livrer à tout le travail, et à faire tous les sacrifices qu'exige l'entretien d'une famille '. » Qu’un Etat en tout temps soit tenu de faire tout ce qui dépend de lui pour réprimer le vice et pour encourager la vertu, sans se laisser détourner de ce soin par aucune circonstance passagère et momentanée, c’est ce qui
’ Vol. Il, p. 3Sîi.
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