LIVRE IV. — CHAPITRE IV
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part des attentats contre la propriété et des autres crimes nombreux et atroces qui nous forcent à recourir si souvent à l'affreux remède des exécutions'. Selon M. Colquhoun, il y a dans Londres plus de vingt mille individus de toutes classes, qui se lèvent chaque matin sans savoir par quels moyens ils pourront suffire aux besoins du jour, et souvent sans savoir où ils coucheront la nuit suivante '. C'est par ces malheureux que sont commis presque tous les vols, et lors même qu'on supposerait que la plupart d'cntr'eui ne sont pas mariés, qu'il n'y en a qu'un petit nombre que le besoin de nourrir leurs enfants pousse au crime, il n'en serait pas moins vrai que le trop grand nombre des mariages, dans la classe la plus pauvre, est une des principales causes auxquelles on doit les imputer. C’est de ces mariages que nait cette population misérable, qui s'élève dans des ateliers1 où tous les vices se propagent, ou bien chez leurs parents, au sein de l’indigence, dans les haillons et la saleté , dans l’ignorance totale de leurs devoirs et de toute espèce d’obligation morale4. Un plus grand nombre encore sont sans moyens de subsistance, parce qu’ils ne trouvent point d’emploi. Le travail est offert de partout, et le besoin qui les presse les jette dans le crime. Une fois livrés h celte vie oisive et honteuse , ils sont perdus pour jamais, car lors même que le travail hausse de prix et qu’ils sont disposés à en demander, on leur en refuse, et la société les rejette de son sein*.
Mais je ne puis admettre arec lui que ce système ait été sagement conçu dans l'origine. J'attribue au contraire, à la première conception du système, bien plus qu’aux vices d'exécution, les maux qui en sont la sidte. (Note de fauteur.)
' M. Colquhoun observe que, « dans l’état actuel de la société, l'indigence doit être envisagée comme une des causes principales de l'accroissement dn nombre des crimes. » P. 332. (Sole de fauteur.)
‘ Ibid., ch. XI, p. 315. Dans un ouvrage postérieur intitulé : Trealise on indigence, M. Colquhoun estime qu’en Angleterre, sur une population de 9 millions, il n’y a pas moins dé 1,520,716 personnes qui vivent du travail d'autrui ; savoir: 1,040,716 profitant de l'assistance de la taxe des pauvres et tous ceux qu'on peut comprendre sous les noms de mendiants, vagabonds, voleurs, prost ituées, etc. { Sole des traducteurs.)
1 IVorkhouses, maisons de travail. I.'auteura en vue celles des paroisses où l’on met les enfants pauvres. (Sole des traducteurs.)
* Police of metropolis, p. 363, 570.
* Ibid., p. 332 et suiv. Dans une ville telle que Londres, où affluent les habitants des provinces, il ne peut manquer d'y avoir beaucoup d'individus privés d’ouvrage. Il se pourrait donc qu'à Londres un etablissement , tel que celui que propose M. Colquhoun (p. 371), pour le soulagement de ceux que quelipie cause accidentelle a jetés dans la pauvreté, s’il était dirigé d'une manière très judicieuse,