SUITES MJ SYSTÈME OUI-OSÉ AU VOTRE. W
ce qui concerne l'innuence que la diminution de mortalité doit avoir pour accroître la population et pour diminuer le nombre des mariages. Quelle que soit la cause de mortalité qu'on supprime, l'eiïet de celle opération sur la population ne peut s'étendre au-delù des bornes que lui assignent les moyens de subsistance; c'est ce dont j’espère que mes lecteurs sont suflisamment convaincus. La suppression de quelques causes de mortalité doit avoir l’effet de diminuer le nombre des mariages; car elle diminue la demande d'enfants dans la société. Il y a de bonnes raisons de croire que cet effet a eu lieu d'une manière sensible à l’époque où la peste a cessé en Angleterre, après y avoir longtemps exercé de grands ravages. Le l)r ileberdeen fait un tableau frappant du changement favorable qui s'est opéré dès-lors dans la santé du peuplP; il l’attribue avec raison aux améliorations graduelles de la ville de Londres et des autres grandes villes du royaume, à celles qui ont eu lieu dans la manière de vivre générale, surtout relativement à la propreté et au renouvellement de l'air '. Mais ces causes n’auraient pas produit l'effet observé, s'il ne s’y était joint un accroissement de l'obstacle privatif. Il est probable que le goût de la propreté et l'amélioration dans les habitudes, qui datent à peu près de la même époque, contribuèrent beaucoup à cet accroissement, en inspirant, et en répandant dans tous les rangs, un utile sentiment de fierté qui s’allie à toutes les idées d'honnéteté et de décence. Cependant la diminution qui survint dans le nombre des mariages ne peut suffire h compenser la grande diminution de mortalité, produite tant par l’extinction de la peste que par l'affaiblissement de la dysenterie ’. Tandis que ces maladies et quelques autres disparurent ou cessèrent presque entièrement d'agir comme causes de mortalité; la phthisie, la paralysie, l’apoplexie, la goutte, la folie \ et la petite vérole devinrent plus destructives *. Il fut indispensable que ces causes de mort devinssent plus actives, ou que ces canaux s'ouvrissent davantage pour offrir un écoulement à la population, qui continuait d'être surabondante, malgré l'accroissement de l'obstacle privatif, et malgré l’amélioration de l'agriculture, qui donnait chaque année de quoi nourrir un certain surplus d’habitants.
Le Dr Uaygarlh, dans son plan bienveillant pour la destruction de la petite vérole accidentelle, fait un tableau effrayant de la mortalité produite par cette maladie; il attribue à cette cause la lenteur des progrès
' Obsrrv. nn inc. and der. of dittaiet , p. 38. — * Ibid., p. 54.
1 Lunacy. Sous ce nom sont compris les suicides. ( Noie drt Iraduclrurt.) ’ Obterr. on inc. and dce. of diieatrt , p. SS et suiv.