PLAN POUR ABOLIR LES LOIS SLR LES PAUVRES. SIS
ses pauvres, et le ferait néanmoins d'une manière si parcimonieuse, qu’elle les laisserait finalement périr de faim et de misère.
J’ai beaucoup réfléchi sur les lois anglaises relatives aux pauvres. J’espère en conséquence qu’on m’excusera d’oser proposer un plan pour les abolir graduellement, auquel je n’aperçois aucune objection essentielle. Je suis même presque assuré que, si jamais on vient à comprendre que les lois dont je parle sont à la fois une source de vexations et une cause permanente de dégradation, de presse et de malheur; que si, en conséquence, on veut travailler sérieusement à tarir cette source empoisonnée, à détruire cette cause permanente de misère, un sentiment de justice fera adopter, sinon le plan que je propose, du moins le principe qui lui sert de fondement. On ne peut se débarrasser d’un système d’assistance aussi vaste , en évitant toutefois de blesser l’humanité, que par une attaque dirigée contre la cause qui l'alimente; cette cause, qui a de profondes racines, donne aux établissements de cegenre un accroissement rapide, et les rend toujours insuflisants pour l'objet qui les a fait instituer. Il y a d'abord un premier pas à faire, qui me parait indispensable avant d'entreprendre aucun changement important dans le système actuel , soit qu'il s’agisse de diminuer l’accroissement des secours ou de le faire entièrement cesser. L’honneur et la justice mej semblent y être également intéressées. Il faut désavouer publiquement le prétendu droit des pauvres à être entretenus aux frais de la société.
A cet effet, je proposerais qu’il fût publié une loi portant que l'assistance des proisses serait refusée aux enfants nés d'un mariage contracté plus d’un an après que cette loi aurait été promulguée, et à tous les enfants illégitimes nés deux ans après la même époque. Pour que cette loi fût universellement connue et pour la graver plus profondément dans l'esprit du pu pie, les ministres de la religion seraient invités à lire, immédiatement après la publication des bans, une courte instruction, où l'on établirait d’une manière précise l’étroite obligation impsée à tout homme de nourrir ses enfants; la témérité et l'immoralité de ceux qui se marient sans avoir l’espérance de puvoir remplir un si saint devoir; les maux qui ont accablé les pauvres eux-mêmes, par suite de la vaine tentative de suppléer, à l’aide d'établissements publics, aux fonctions que la nature a confiées aux pères et aux mères à cet égard; enfin la nécessité où l’on s’est vu d’abandonner cette entreprise , qui avait produit des effets directement apposés au but de ceux qui l’avaient formée.
f,etlc opération , ainsi présentée, serait pour tous les hommes un