PLAN TOUR ABOLIR LES LOIS SUR LES PAUVRES
surent h chaque individu le produit de son industrie. Lors donc que l’Angleterre, mise en comparaison avec d'autres pays, parait avoir, quant à l’étal des pauvres, un avantage décidé, ce n'est pas aux lois sur les pauvres, mais bien aux circonstances favorables où elle est placée, qu’il faut attribuer sa supériorité, l’ne femme peut en surpasser d'autres en beauté, quoiqu’un de ses traits lui donne quelques désavantages, mais il serait étrange d’attribuer à ce trait moins parfait la préférence qu'on lui accorde. Les lois anglaises sur les pauvres ont tendu constamment à contrarier les avantages naturels et acquis de l’Angleterre. Heureusement, ces avantages sont tels que la diminution produite par cette cause n’a pu les anéantir. En joignant à ces avantages les obstacles aux mariages imprudents qui sont suscités par les lois , on reconnaîtra que c’est à de telles causes que l’Angleterre doit d’avoir pu si longtemps résister à un système d’assistance aussi pernicieux. Probablement aucun autre pays au monde, si ce n’est peut-être la Hollande avant la révolution, n'aurait pu suivre un tel système d’une manière aussi pleine et aussi constante, pendant un aussi long intervalle de temps, sans y succomber.
On a proposé d’appliquer à l’Irlande les lois anglaises sur les pauvres. Mais si l’on songe h l'état misérable et dégradé du bas peuple dans cette ile, au manque absolu de ce principe d’honneur et de ûerté qui agit en Angleterre sur les pauvres et les empêche souvent de recourir à l'assistance de leur paroisse, on verra qu’à peine le système des lois anglaises y serait établi, que la propriété foncière serait absorbée par la taxe, ou qu’il faudrait renoncer à le mettre en exécution.
En Suède , où les récoltes manquent souvent et où les importations sont difficiles à cause de la pauvreté du pays , l’entreprise d’un tel établissement, s’il n’était pas très vite abandonné, mettrait au niveau toutes les propriétés, et causerait de telles convulsions, qu'on ne pourrait plus espérer de voir ce royaume recouvrer jamais son ancien état d’abondance et de prospérité.
En France même, quels que soient les avantages de sa situation et de son climat, la tendance à peupler est si forte, et le défaut de prévoyance parmi les classes inférieures si frappant, que si on y établissait les lois anglaises sur les pauvres , la propriété foncière succomberait bientôt sous un tel fardeau, et la misère du petit peuple serait portée à son comble. C’est par ces raisons qu’au commencement de la révolution, le comité de mendicité crut, fort judicieusement, devoir rejeter la proposition de l’établissement d’un tel système.
S’il est vrai qur la Hollande fasse exception, cela tient à des circon-