‹ Essai sur le principe de populationChapitre 282 sur 368 · LIVRE IV. — CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE X

de la propriété, la manière dont les connaissances sont répandues parmi le peuple, le goût des avantages et des diverses jouissances que l'aisance procure. Celles qui contribuent le plus à abaisser la limite sont le despotisme et l’ignorance.

Dans toutes les tentatives que l’on peut faire dans le but d'améliorer l’état des classes inférieures du peuple, on doit se proposer comme un objet essentiel d'élever cette limite aussi haut qu'il est possible , en d'autres termes, de faire en sorte que la misère qui, dans le pays dont on s’occupe, peut passer pour être le dernier terme de cette espèce d’infortune, soit une misère supportable. Et l’on y parviendra en cultivant chez le peuple le désir d’une situation indépendante, une honnête fierté, le goût de la propreté et de l’aisance. J'ai déjà eu occasion de faire re- * marquer quelle est l'inlluence d'un bon gouvernement pour produire chez le peuple des habitudes de prudence, pour apprendre à ceux même des dernières classes à se respecter et à éviter de s’avilir. Mais cette influence sera toujours insuffisante sans le secours d’un bon système d’éducation. On peut dire qu’un gouvernement qui ne pourvoit pas à l’instruction du peuple est loin d’être parfait. Le bienfait d’une bonne éducation est du nombre de ceux dont tous peuvent jouir. Et comme il dépend du gouvernement de le mettre à la portée de tous , il est sans contredit de son devoir de le faire.

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