‹ Essai sur le principe de populationChapitre 299 sur 368 · LIVRE IV. — CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE XII

lènie actuel est d'avoir mal exécuté la partie de l'acte de la 45' année d’Élisabeth’, qui prescrit d’acheter les matières nécessaires au travail des pauvres. Il est désirable sans doute, et par plusieurs raisons, de fournir de l’occupation aux pauvres quand cela est praticable, bien qu’il soit toujours fort difficile d’engager b travailler avec ardeur des hommes que n’animent point les motifs ordinaires et naturels de l'activité laborieuse; aussi un système coercitif à cet égard suppose-t-il un grand pouvoir confié b quelques personnes sujettes b en abuser. Il est probable toutefois que l’on pourrait occuper les pauvres plus qu'on ne l’a fait jusqu’ici, de manière b améliorer leurs mœurs et leurs habitudes, sans préjudice pour eux sous d’autres rapports; mais c’est commettre une grande erreur que d'attribuer une partie essentielle des maux produits par les lois des pauvres, et de toutes les angoisses actuelles, b ce que les pauvres n’ont pas eu d’emploi ; ou de supposer qu’un plan quelconque, imaginé pour donner de l’ouvrage b ceux qui n’en ont point, atteignit le moins du monde b la source de ce mal et de ces pénibles angoisses, et dût en prévenir le retour. On ne peut concevoir aucun cas où l'emploi forcé des pauvres le mieux surveillé , ait une tendance directe b établir une plus exacte proportion entre l’offre et la demande du travail, tandis qu'à moins de beaucoup de soins et de précautions particulières , celte mesure doit avoir de pernicieux effets. Je suppose, par exemple, que, faute de demande ou décapitai, le travail tende fortement b baisser de prix ; si on maintient son prix usuel en eréant une demande artificielle, par des souscriptions publiques ou par des avances de la part du gouvernement, on empêche la population de se conformer graduellement b la diminution de ses ressources ; ou agit b peu près comme si en temps de disette on empêchait le prix du blé de monter, mesure qui mènerait inévitablement b un accroissement de disette.

Sans donc prétendre rejeter tous les plans faits en vue d'occuper les pauvres , dont quelques-uns , b certaines époques et avec de sages restrictions, peuvent être utiles comme mesures temporaires, il est très important , pour prévenir de continuels efforts et de continuels désappointements, de se tenir pour averti que ce n’est pas 1b qu’il faut chercher le remède permanent auquel nous aspirons.

Et véritablement, on peut affirmer avec la plus pleine confiance qu’il n’y a qu'une classe de causes d’où l’on puisse raisonnablement attendre

' I.c statut Fondamental de l'établissement en faveur des pauvres. (Note det traducteur,i.)

EXAMEN DE DIVERS PLANS

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