‹ Essai sur le principe de populationChapitre 300 sur 368 · SST · texte numérisé non relu

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quelque espèce île remèile. Ces causes sont toutes celles qui tendent à accroître la prudence et la prévoyance des classes ouvrières. C’est la pierre de touche à laquelle il faut éprouver tous les plans proposés pour améliorer le sort des pauvres. Si un pian est d'accord en cela avec les leçons de la nature et de la Providence, s’il encourage et forlilie les habitudes de prudence et de prévoyance, on peut en attendre des avantages essentiels et permanents ; s’il n’a point cette tendance, il se peut qu’il ait quelque utilité comme mesure temporaire , ou pour quelque objet particulier, mais on peut être sûr qu’il n’arrive point h la source du mal.

De tous les plans qui ont été proposés jusqu'à ce jour, les caisses d'épargne, jusqu’au point où elles peuvent s’étendre, me semblent remplir le mieux notre grand but; c’est de ce genre d’établissements que l’on peut attendre avec le plus de vraisemblance, si jamais ils se répandaient partout , une amélioration permanente dans le sort des classes inférieures de la société. Laissant à chaque individu le plein et entier bénéfice qui résulte de sa prudence et de son activité laborieuse, ils tendent à donner beaucoup de force aux leçons de la nature et de la Providence. Un jeune homme qui, dès l'âge de quatorze ou quinze ans, aura travaillé à faire des épargnes dans l’espérance de pouvoir se marier à vingt-quatre ou vingt-cinq ans, consentirait probablement à différer de deux ou trois ans si des circonstances défavorables le requéraient, si le blé était cher, si les salaires étaient bas , ou si la somme épargnée lui paraissait, d’après son expérience acquise, ne pas lui offrir une suffisante garantie contre le besoin. Il est rare que l’habitude contractée d’épargner sur ses gains pour les besoins à venir ne se lie pas avec des habitudes de prudence et de prévoyance , et si la facilité que des établissemens bienveillants offrent à chaque individu de mettre pleinement à profit ses épargnes, pouvait rendre générale une telle pratique, on pourrait raisonnablement espérer qu’au milieu des variations qu’éprouvent les ressources du pays, la population se conformerait à la demande actuelle du travail, avec une diminution de peine et de pauvreté. En conséquence le remède, autant que son action peut s’étendre, parait bien s’appliquer à la racine du mal.

Le grand objet des caisses d’épargne est de prévenir la misère et la dépendance des pauvres, en les mettant à même de pourvoir par euxmémes aux besoins que font naître des circonstances nouvelles. Dans l’état naturel de la société, de telles institutions, secondées par une charité bien dirigée, offriraient probablement tous les moyens d’obtenir les améliorations praticables. Mais là où existe une masse de pauvres

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