NÉCESSITÉ DES PRINCIPES GÉNÉRAUX. JUS
leurs maisons, et de sortir les enfants des mains de leurs parents le plus tôt qu'il est possible, pour les mettre en apprentissage ou en général leur donner quelque occupation convenable. Je pense en ciïet que cette manière est la meilleure. C’est la forme d’assistance la plus convenable pour répandre avec choix des secours sollicités par les circonstances. Mais il est facile de voir qu’elle suppose beaucoup de prudence, qu'on n'en peut point faire un principe général, que ce ne peut point être le fondement d'une pratique universelle. Celte méthode donne prise à la même objection par laquelle nous avons attaqué le système des vaches et l’acte de la 43' année d'Klisabcth, qui charge les inspecteurs de paroisse de donner de l’occupation aux enfants des pauvres et de pourvoir à leurs besoins. Lue paroisse particulière, dout tous les enfants sont ôtés à leurs parents et placés convenablement dès que leur âge le permet, doit naturellement être heureuse et dans l’aisance. Mais si le système était général, et que les pauvres crussent pouvoir compter sur cette ressource pour leurs enfants , bientôt tous les emplois d'activité seraient occupés et sollicités de toutes parts. Il est inutile d iusister sur les suites qui en résulteraient inévitablement.
Il est de toute évidence qu’avec de l’argent et des efforts généreux de la part de ceux qui en sont pourvus , on peut espérer de secourir efficacement une famille, une paroisse, un district particulier. Mais pour peu qu’on y réfléchisse , on voit aisément que ces moyens sont sans ell'et lorsqu'il s’agit de les appliquer de la même manière â tout un pays , à moins qu'ou ne puisse y ménager une voie régulière d'émigration à la population superflue, ou que l’on ne puisse compter de trouver toujours chez le pauvre une vertu particulière toujours peu commune et que cette assistance tend à décourager.
On peut dire même qu’à cet égard l’activité industrieuse diffère peu de l’argent, lin homme qui en est doué, plus que la plupart de ceux qui l'entourent, a un moyen assuré de subsistance. Mais si tous ceux qui l'entourent acquéraient tout-à-coup la même activité industrieuse qui le caractérise, cette qualité au degré dont il en est doué ne serait plus pour lui une garantie contre le besoin. Hume est tombé dans une grande erreur, quand il a dit que « presque tons les maux physiques et moraux de la vie humaine sont dus à la paresse, > et lorsqu'il ajoute que pour porter remède à ces maux il sullirait que l’espèce entière eut naturellement le même degré d'activité que plusieurs individus ont acquis par l’habitude et la réflexion'. Ce haut degré d'activité industrieuse, s'il
* Dialogues on natural religion, p.irl. Xï, p. 212.