‹ Essai sur le principe de populationChapitre 307 sur 368 · NÉCESSITÉ DES PRINCIPES GÉNÉRAUX. SOT · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DES PRINCIPES GÉNÉRAUX. SOT

cottagers, d’entretenir des vaches sont réellement dus au peu d’étendue de ce système, circonstance qui le rapproche beaucoup du plan limité que je viens de proposer. Dans les districts où il y a le plus de cottagers qui suivent cet usage, le nombre n’en est cependant pas considérable par rapport à toute la population de leur paroisse. Ce sont en général les meilleurs ouvriers , et des ouvriers qui ont été en état d’acheter leurs vaches de leurs propres deniers. Les avantages de leur situation sont d'ailleurs plutôt relatifs que positifs.

Ainsi, en observant leur activité et l’espèce d’aisance dont ils jouissent, nous ne devons pas nous presser de conclure que nous pourrions donuer la même activité et la même aisance à tous les hommes du peuple, en leur assurant la même propriété. Rien n’a tant propagé l’erreur que l’habitude de confondre le relatif et l’absolu, ou de prendre l'effet pour la cause.

Mais quelqu’un dira peut-être, par forme d'objection, que toute espèce de plan destiné à opérer dans les cottages des pauvres une amélioration générale, tout plan par lequel on les mettra en état d’avoir quelques vaches, ne peut manquer de les mettre en état par lit même d’élever un plus grand nombre d’enfants; que par conséquent un tel plan doit tendre à encourager la population, et violer ainsi les principes que nous nous sommes efforcés d’établir.

Mais si j’ai réussi h faire saisira mes lecteurs le but principal de cet ouvrage, ils comprendront aisément que quami je recommande de ne pas faire naître plus d’enfants que le pays n'en peut nourrir, c’est précisément afin qu’on nourrisse tous ceux qui naissent. Il est impossible, par la nature même de la chose, de donner aux pauvres l’assistance, sous quelque forme que ce soit, sans les mettre par-là même en état de conserver mieux leurs enfants et de faire parvenir à l’âge d’homme un plus grand nombre d’entr’eux. Mais c’est là précisément de toutes les choses désirables la plus désirable , pour le public et pour les individus. Toute perle d'enfant, qui est la suite de la misère, ne peut manquer d’être précédée et accompagnée de beaucoup de maux pour l'individu. Et si l’on considère l’intérêt public, tout enfant qui meurt au-dessous de dix ans occasionne à la nation la perte de toute la nourriture qu’il a consommée. Par conséquent, sous tous les rapports, le but que

multiplication des pauvres. I.cs effets d'un tel plan seraient tort différents de ceux du plan de M. Young. [Noie de /'auteur.)

1 Inquiry inlo II te siale of cottagers in lhe rouîmes of Lincoln and Huilant! , by Robert Gourlav, Annals o[ agriculture, vol. XXXVII, p. 31t.

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