‹ Essai sur le principe de populationChapitre 309 sur 368 · NÉCESSITÉ DES PRINCIPES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DES PRINCIPES GÉNÉRAUX

fants, parce qu’il lui parait que de telles lois ne servent pas à encourager la population La raison pour laquelle il blâme cette loi est précisément celle qui me fait croire qu’on pourrait l’adopter sans danger. On ne peut nier qu’elle ne fût propre à soulager quelques individus dignes d'être secourus, et il ne parait pas qu’elle put encourager en aucune façon le mariage.

Si, dans quelque période future, le pauvre contractait l’habitude d’user de prudence â l’égard du mariage, seul moyen d’améliorer son sort d’une manière générale et permanente, je ne crois pas que les politiques les plus bornés eussent lieu de concevoir de l’alarme, â la pensée du haut prix du travail, qui pourrait mettre nos rivaux en état de fabriquer à meilleur marché et de nous exclure des marchés étrangers. Quatre circonstances préviendraient ou contrebalanceraient cet effet : 1° le prix des subsistances, qui serait plus bas et mieux réglé, parce qu'il arriverait plus rarement que la demande en fût plus forte que l’offre; 2“ l’abolition de la taxe des pauvres’ soulagerait l’agriculture d’un pesant fardeau , et enlèverait une addition gratuite faite au prix des salaires; 5° la société épargnerait les sommes immenses qu’elle consomme en pure perte pour les enfants qui meurent d’une mort prématurée causée par la misère; 4° enfin, l’habitude du travail et de l’économie, surtout chez, les hommes non mariés, devenant générale, préviendrait la paresse, l’ivrognerie, la dissipation, qui, dans l’état actuel, sont trop souvent la suite du taux élevé des salaires’.

1 F.rprit dit loit, liv. XXIII, chap. XXVlt.

’ C’est là une circonstance particulière à l'Angleterre ; mais il y a dans Ions tes pays des institutions qui agissent plus ou moins comme la taxe des pauvres. {Jph. fi.)

1 Mais les bons effets de la contrainte admis, il reste sur ce point une difficulté grave. Que deviendront tous ces avantages de la prudence dans le mariage, si les concurrents arrivent en foule par la voie de l’immigration : ils seront certainement bien amoindris ; mais encore plus grands toutefois du cfllé de l'homme prudent. Malthus proclame la liberté d'émigration ; mais Destuttde Tracy1 pense qu’on peut restreindre la liberté corrélative d’immigration. I.e problème serait résolu, si la cou trainte morale devenait une vertu générale. {Jph. fi.)

1 <* quant à l'immigration, je n’en parie pas. Elle est toujours inutile et même nu sibte, à moins qu’elle ne soit celle de quelques hommes qui apportent dcslumiéres nouvelles. Mais alors ce sont leurs connaissances et non pas leurs personnes qui sont précieuses , et ces hommcs-U ne sont jamais bien nombreux. On peut uns injustice défendre \ immigration, et c est précisément à quoi les gouvernements n’ont presque jamais pense. Il est vrai qu'ils se sont encore plus rarement avisés de donner beaucoup de motifs pour la désirer. - Traite d'isonomie politique, 18tô,p. 91t.

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