‹ Essai sur le principe de populationChapitre 310 sur 368 · AMELIORATION DANS L’ÉTAT SOCIAL · texte numérisé non relu

AMELIORATION DANS L’ÉTAT SOCIAL

En jetant un dernier coup-d’œil général sur l’avenir, en cherchant h apprécier nos espérances relativement h la diminution des maux qu’entraîne le principe de population , la première réflexion qui nous frappe est celle-ci : Quoique l’accroissement de la population en raison géométrique soit un principe incontestable, quoique la période de doublement, qui résulte de cet accroissement lorsque rien ne l’arrête, ait été fixée dans cet ouvrage à un terme très modéré, il faut remarquer que ce progrès de la population est arrêté par celui de la civilisation. Les villes et les manufactures se multiplient, et il est peu probable que ces établissements changent jamais de nature. II est sans doute de notre devoir d'empécher, autant qu’il est en nous, qu’ils n’abrègent la durée de la vie, mais tous nos efforts ne feront pas que ce séjour et ces travaux égalent en salubrité le séjour des champs et les travaux rustiques. Opérant donc comme un moyen de destruction , ces établissements rendront par là même un peu moins nécessaires les obstacles qui tendent à prévenir ('accroissement de la population.

Dans tous les Etats anciennement existants , on remarque qu'un nombre considérable d'adultes passent quelques années dans le célibat. L’obligation de rester {tendant ce temps-là soumis aux lois communes de la morale n’a jamais été contestée, quoique dans la pratique on s'en soit souvent écarté. A peine dans cet ouvrage ai-je eu occasion d’insister sur cette partie d’un devoir dont j’ai beaucoup recommandé l’observation, et que j’ai désigné sous le nom de contrainte morale. A cet égard, ce devoir repose sur la même base que par le passé. Je n’y ai rien ajouté , et je ne l’ai point affaibli. Sachant donc combien imparfaitement il a élé observé jusqu’ici, ce serait s'exposer à passer pour visionnaire, que d’espérer à cet égard aucune amélioration importante.

\ja partie du devoir de la contrainte morale, qui a été l'objet principal de nos raisonnements, n’est donc pas celle qui a rapporta notre conduite pendant le célibat; c’est la partie de ce devoir qui a rapport à la durée du célibat que nous avons discutée, et nous avons insisté sur la nécessité de prolonger celle durée jusqu'au moment où nous pourrions être en état de pourvoir à l’entretien d’une famille. On n'a pas droit de nous taxer de visionnaires, si à cet égard nous concevons quelque espérance d'amendement dans la société humaine; car l’expérience démontre que la prudence, que nous recommandons sous le nom de con-

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