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ESPÉRANCES RAISONNABLES D'AMÉLIORATION. S7S

Le but de cet ouvrage n’est pas tant de proposer des plans d'amélioration que de faire sentir la nécessité de se contenter du mode d'amélioration qui nous est prescrit par la nature , el de ne pas mettre obstacle aux progrès qu’il doit amener si rien ne le contrarie.

11 serait sans contredit Ibrl utile que toutes nos institutions, et toute la teneur de notre conduite à l’égard des pauvres, pussent servir à confirmer les leçons de prudence que le cours ordinaire des évènements donne à chacun de nous. En conséquence , si d’un côté nous prenons quelquefois sur nous d’adoucir les châtiments que la nature inflige à l'imprudence, nous devrions de l’autre, pour tenir la balance égale, augmenter les récompenses qu’elle accorde à ceux qui tiennent une conduite opposée. Mais ce serait déjà faire beaucoup, que de changer graduellement les institutions qui tendent directement à encourager le mariage, cl de cesser de propager des opinions, d'inculquer des doctrines qui sont en opposition formelle avec les leçons de la nature.

Le peu de bien que nous pouvons faire est souvent perdu par l’ambition d'en faire plus, et par rattachement à quelque plan, qu’on envisage comme indispensable pour obtenir meme un succès partiel. Dans les applications pratiques des raisonnements contenus dans cet ouvrage, je me (latte d’avoir évité ce piège. Je dois rappeler ici que , quoique j’aie présenté des faits anciens sous un point de vue nouveau, quoique je me sois livré à quelques espérances d’amélioration possibles ; j’ai été très retenu dans l’exposé des améliorations probables el des moyens de les obtenir. Ou a déjà souvent proposé en Angleterre d’abolir graduellement les lois sur les pauvres, à cause des maux que i'expérience a l'ait voir qu'elles entraînent, et par la crainte de les voir devenir un fardeau insupportable aux propriétaires des terres. L’idée d’un établissement d’éducation nationale n’est pas une idée nouvelle. On éprouve depuis longtemps en Écosse les bons effets d’une éducation soignée. Tous ceux qui ont droit d’en juger s'accordent à dire que l’éducation est un grand moyen de prévenir les crimes1, d’avancer l’industrie, d’amender les

0 M. Howard trouva moins de détenus aux prisons d’Écosse et de Suisse qu'en d'autres pays, ce qu'il attribua à une éducation plus régulière là qu’ai Ileurs. Pendant le grand nombre d'années que feu M. Fielding présida comme juge à Bowstreet, il n'y eut que six Écossais traduits devaut lui. Il a souvent répété que le plus grand nombre des accusés étaient des Irlandais. Voyez la préface du Rapport de la société pour l'amélioration du sort <fe< panures, p. 32, angl. [Note de l'auteur.)

Quelques publicistes ont avancé le contraire ; des chilTres même ont été groupés dans ce but; mais il est facile de débusquer ce genre de sophismes. Ou a surtout nié les bons effets de l'instruction , sans laquelle l’éducation ne pourrait être que

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