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mœurs , et d'accoutumer les hommes h une conduite sage et régulière. Ce sont là les seuls plans que j’aie osé proposer. Je suis porté à croire que, si on les adoptait sous la forme que j'ai indiquée, il en résulterait pour les pauvres beaucoup d’avantages. Mais lors même qu'on ne ferait rien de pareil , je ne suis pas sans espérance de quelque amélioration partielle , et je pense qu'elle pourra être l’effet de la simple exposition des raisonnements généraux sur cette matière.
Si les principes que je me suis efforcé d'établir sont erronés, je désire dans la sincérité de mon âme de les voir complètement réfutés ; mais s'ils sont vrais, le sujet est si important, il touche de si près au bonheur du genre humain , qu'il est impossible qu'une fois ou une autre ils ne se fassent jour, qu'ils ne se répandent et ne deviennent enfin dominants, soit qu'on lasse ou qu'on ne fasse pas des efforts pour les propager.
Parmi les classes supérieures et moyennes, l’effet de la connaissance de ces principes serait, j’espère, de donner à leurs efforts, pour améliorer l’état du pauvre, une direction plus juste, sans que jamais ces efforts se ralentissent; de leur faire sentir ce qu'ils peuvent à cet égard , et ce qui est hors de leur pouvoir; de les convaincre que l’on peut faire beaucoup de bien en donnant de bons avis et en répandant une solide instruction, en encourageant et faisant naitre des habitudes de propreté, en exerçant la charité occasionnellement et avec discernement, en un mot en mettant en œuvre tous les moyens de bienfaisance qui favorisent l'obstacle privatif; mais que, sans cette dernière condition , tout le bien que l’on croit faire est illusoire , tous les efforts sont vains; que dans un état ancien et déjà pleinement peuplé, prétendre assister les pauvres de manière à les meltre en étal de se marier quand ils voudront, et d’élever de nombreuses familles, c’est demander ce qui est physiquement impossible. La connaissance de ces vérités empêcherait les riches de détruire les bons effets de leurs propres efforts, et de diriger ces efforts vers un but absolument inaccessible : par-là même elle attirerait toute leur attention sur les objets les plus convenables à leurs vues charitables, et leur permettrait de faire plus de bien.
Parmi les pauvres, une telle connaissance généralement répandue aurait des effets encore plus importants. La cause principale et perma-
lort grossière. S'il est vrai qne s'instruire, c'est s'initier aux principes de morale, apprendre à connaître les moyens île travail et la nature des choses , il est fort difficile de faire découler de l'instruction nne tendance à commettre des crimes contre les personnes et contre les choses. [Jph. G.)