LIVRE V. — APPENDICE
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d'ànies fournirait un million d'individus au-dessus de vingt ans, audelà de ce que le premier en pourrait fournir sur une population pareille. Si la population de l'un était de même nature que celle de l’autre, il faudrait ajouter un million et demi à celle d’Angleterre pour avoir le même nombre d’individus au-dessus de vingt ans qu’elle possède dans notre supposition. Et si l'accroissement n’était que d’un million, il en résulterait pour l’agriculture, le commerce et la guerre, une grande diminution de force. Cet état de choses parait-il digne d’envie sous le point de vue moral ou politique? Telle est cependant l’espèce de population que ne manquent jamais de produire les encouragements directs au mariage, et l’espèce d’abaissement qu’engendrent l’ignorance et le despotisme.
Il peut être vrai que la France recrute ses armées avec plus de facilité et moins d’interruption du travail accoutumé de ses habitants, queue peut faire l’Angleterre. Il faut convenir que la pauvreté et le manque d'emploi sont des aides puissants pour un sergent recruteur. Ce ne serai t pas néanmoins un projet bien humain que celui de maintenir le peuple anglais constamment dans le besoin, afin de pouvoir l’enrôler à plus bas prix; et ce ne serait pas un projet bien politique, de diminuer la richesse et la force nationale en vue de cette économie.
Ne nous flattons pas d’obtenir des avantages incompatibles. Si nons voulons que notre peuple soit constamment occupé d’agriculture ou de commerce, n’espérons pas trouver ceux qui le composent toujours in-
connue de simple* exemples. On n’a point malheureusement de* données sûre* louchant la population des différents pays selon les âges. J'ai lieu de croire que les rapports donnés dans la Statistique générale ne sont pas fondés sur un dénombrement , et celui que je donne ici pour l’Angleterre est absolument conjectural et certainement trop petit. Mais, quoiqu'il en soit, la proposition suivante est indubitable : Si la population de deux pays croit de la même quantité , en vertu du rapport des morts aux naissances, et si dans l’un de ces pays le rapport des morts, et celui des naissances , A toute la population , sont plus grands que dans l'autre , ce dernier aura un plus grand nombre proportionnel d'individus au-dessus de l’âge de puberté. Les données que nous avons, suffisent pour établir que,dans)aGrandeliretagne, il y a sur un même nombre d'habitants plus d'individus capables de travailler qu'en France; mais elles ne suffisent pas [tour déterminer dans quel rapport a lieu cette supériorité. Comme avant la révolution la population croissait moins vite en France qu’en Angleterre, l’Angleterre, toutes choses égales, aurait dû avoir un plus grand rapport des naissances à toute la population ; et cependant ce rap|>ort était en France 1 lis ou 1/» S, et en Angleterre i ISO seulement ’.
On a estimé le nombre des hommes portant armes tantôt au quart, tantôt à la
1 Voyez ne chapitre relatif au ofcsiarlcs i la population en France , liv. 11. rfinp Vît p fit.