CHAPITRE T- 3X
occupés el prêts il servir pour la plus faible indemnité ’. Mais tant que nous aurons une population effective à notre disposition, comptons avec assurance sur elle, pourvu que nous ayons à lui offrir des motifs suffisants pour la mettre en activité.
Dans plusieurs parties de cet Essai, j’ai insisté sur l’avantage d’obtenir la population requise dans un pays, au moyen du moindre nombre possible de naissances. J'ai dit expressément que l’objet principal que j’avais en vue était une diminution demortalité pour tous les âges; et j’ai proposé, pour juger du bonheur d’un peuple et de la bonté de son gouvernement, au lieu de s’attacher, comme on fait, au grand nombre proportionnel des naissances, d’avoir égard à la petitesse du nombre de ceux qui meurent avant l’âge de puberté. Sûr de ne m’être jamais écarté de ces principes, ce n’est pas sans surprise que j’ai appris que l’on me considérait comme un ennemi de la vaccination, quiestpréci-
cinquième de la population. Il est facile de voir combien ces deux estimations, appliquées à deux pays différents , doivent produire d'écarts dans les résultats. Dans l'un 20 millions d’àmes donneraient 5 millions d'hommes effectifs, et dans l'autre seulement 4 millions. On ne peut douter que l'une de ces populations n'eût bien plus de force et de ressources que l'autre. Mais il est probable qu'il n’existe point entre deux pays d'Europe une différence à cet égard aussi grande que celle de 1/4 à 1/3. (iVofe de l'auleur.)
* Ce sujet a été développé de la manière la pins claire dans les observations de lord Selkirk sur l’état présent de la Haule-Écosse , et sur les causes et les conséquences probables de l’émigration. Je renvoie avec confiance le lecteur à cet excellent ouvrage *. ( Noie de l’auteur.)
• Comme l'ouvrage de lord Selkirk auquel M. Malthu* renvoie n'est pas ir&dnit, j>n ferai connaître le plan el j'en c ter ai quelques passages auxquels probablement M. Malthus fait allusion.
L'ouvrage traite sueceiwivementde l étal ancien de la Haute-Éco-we : des changemcutssurveniis dans l'étal des propriétaires de ce pays-IA a la suite delà rébellion de 17 «S ; de l'émigration et doses effets; des mesures prises à cet égard ; de lavantage que I on pourrait tirer de cetlp émigration pour les colonies anglaises ; de l'exécution des projets de l’auteur, telle qu elle a pu avoir lieu par ses propres moyens -, et de l étal où il a laissé son établissement dans rite du Prince-Édouard.
L'auteur Tait voir que josques vers le milieu du siècle dernier la Haute-Ecosse était encore en réalité soumise au gouvernement féodal ; il n'y avoit aucune activité manufacturière: et la culture restait assex imparfaite. Les fermiers payaient en grande partie les propriétaires par leur services militaires. Ils formaient autour d eux une vaste clientèle oisive et guerrière.
A près avoir décrit l'ancienne situation politique de ce pays, il expose le changement qui s'y est opéré depuis la rébellion de 1145. c Ce changement, dit-il, fut grand cl subit. Le résultat de la contestation qui eut lieu A celle époque fut d'anéantir I indépendance des chefs de ces montagnards. Les mesures vigoureuses, prises a la suite de la bataille de Culloden, donnèrent au gouvernement régulier, dans celte partie du royaume, une autorité cl une influence qu’il n’y avait point encore obtenues. Le peuple y fut désarmé , et on y établit une force militaire suffisante pour y faire respecter Irslois. Dés-lors les chefs rasèrent d'être autant de petits monarques. Ils n'eurent plus besoin des services de leurs vassaux pour leur propre défense, et ils ne purent plus les solliciter pour I attaque et le pillage de leurs voisins. Ils furent réduits à l'état de tous les autres propriétaires. Bientôt ils comprirent que, pour mettre leurs terres eu valeur, one suite nombreuse de vassaux à leur solde leur était ossez inutile ; et ils ne purent