‹ Essai sur le principe de populationChapitre 330 sur 368 · LIVRE V. — APPENDICE · texte numérisé non relu

LIVRE V. — APPENDICE

gement, à se marier dans le cours d’une année encore, pourraient re» courir, eux et leurs enfants, à l'assistance ordinaire de la paroisse. Elle ne serait refusée qu’à ceux qui se marieraient plus tard, qui par conséquent auraient élé suffisamment avertis et pourraient être raisonnablement supposés avoir examiné s’ils avaient de quoi soutenir la charge d'une famille.

Tout plan pour l’abolition des lois sur les pauvres suppose que l’on reconnaît que ces lois sont mauvaises et demandent h être changées L‘es i".'on m’accorde cela, quelque espèce d'objections que l’on fasse au mien, quelque difficulté que lui oppose une politique bornée, je ne rc ‘ •> {.rit la comparaison qu’on en pourrait faire avec tout autre

sous le poi..i de vue de la justice et de l’humanité. En conséquence le* cpituàles d'inique et d'horrible qu’on lui a données ne peuvent lui pt . ter atteinte.

Il parait qne M. Yonng a maintenant abandonnéce plan. Il a demande qu’il lut lut permis de u’être pas d’accord avec lui-même, et en a doom' de si bornes taisons, que je suis tout disposé h y accéder, pourvu que l'usage de celle permission soit limité à des publications successive», dans l’intervalle desquelles on peut obtenir de nouveaux faits. Mais je no rr pas qu’on puisse l’accorder dans une seule et même publication. Et cependant, dans le même écrit où il condamne mon plan avec tant de «-évérité, il emploie des arguments qui ne sc dirigent pas moiucontre le sien, tel qu'il s’y trouve expliqué.

11 convient que son plan ne peut servir que pour un certain nombre de familles, et qu’il n’est pas applicable à leur accroissement '. Mais accorder reia, c’est convenir qu’il 11e résout pas la difficulté de pourvoir au sort des pauvres. Sur ce point essentiel, après m’avoir fait un vif reproche d’ovoir dit que les pauvres n’ont aucun droit h être entretenus, il est contient d’en venir à la même conclusion , et d'avouer «qu’il serait prudent de considérer la misère qu’enlraine une population progressive, quand il n’y a pas une demande suffisante de la part des villes et des manufactures, comme un mal qu’il est absolument et physiquement impossible de prévenir. » Or, la seule raison qui me fait dire que los pauvres n’ont aucun droii à être entretenus, est précisément l’impossibilité de pourvoir aux besoins d’une population progressive. Cette impossibilité, M. Young la reconnaît d'une manière expresse; et toutefois, par une inconséquence à peine croyable, il n’en continue pas moins de déclamer contre la déclaration que j'ai faite h cet égard.

1 JnnaU o[ Ayricutlurt , a. Ùà9, p. 319.

CHAOTHË II.

Le pouvoir que peut avoir la société de soulager les souffrances d’une certaine partie de la classe pauvre est une considération entièrement distincte de la question générale, et je suis bien sûr de n'avoir jamais dit qu'il n’est pas de notre devoir de faire tout le bien qu'il dépend de nous. Mais ce pouvoir limité, d'assister quelques individus ne peut en aucune façon établir un droit général. Si les pauvres ont réellement un droit naturel à être entretenus, et si nos lois actuelles ne font que confirmer ce droit qui leur est acquis, il doit certainement s’étendre, sans réduction, à tous ceux qui sont dans la détresse, aux familles des coltagert aussi bien qu'aux cultagers eux-mêmes; et ce serait de la part de la société une injustice palpable d'adopter le plan de M. Yoting, et d'acheter de la génération présente l'abrogation d’un droit acquis h sa postérité.

M. Young s’élève avec force contre un passage de cet Essai', dans lequel je dis qu'un homme qui se marie sans avoir une espérance raisonnable de suffire h l’entretien de sa famille, et qui par une telle imprudence se plonge dans la misère et dans la dépcndaucc. doit s’en prendre à lui-même plutôt qu’au bas prix du travail, à sa paroisse, à l’avarice des riches, aux institutions sociales, aux dispensations de la Providence; et que s'il a quelque excuse, c’est peut-être d’avoir été trompé par l’opinion que les classes supérieures ont propagée. A cela, M. Young répond que ce pauvre malheureux est justifié dans toutes ses plaintes, excepté celles contre la Providence; et qu’en voyant d’autres cnllagtrs vivre commodément avec trois ou quatre acres de terre, il a de justes raisons d’accuser les institutions, qui lui refusent ce que le riche pourrait se retrancher et qui suffirait à tous ses hr ins\ Je prie M. Young de considérer un moment comment iraient les choses d’après son propre plan. Quand toutes les terres communes auraient clé réparties, comme il le propose, si un ouvrier avait plus d’un (iis, en quoi la situation du second ou du troisième différerait-elle de celle dans laquelle se trouve l’homme que j’ai introduit faisant des plaintes sur son triste sort? Il est impossible que M. Young ait voulu dire que si un b • ra cède h vingt ans au désir de se marier , il ait droit de se plainure que la société ne lui fournisse pas une maison avec trois ou quatre arpents de terre. Il a expressément rejeté celte conséquence *, à laquelle cependant conduit nécessairement l’assertion que je viens de citer.

Dans ce système, dit-il, la population progressive serait soustraite à

1 Liv. IV, ch. III, p. 483 «t suiv. — 'Aruialsof Agriculture, u. 339, p. 22G. * t nnalt »f Agriculture , a. 339, p. 344.

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