LIVRE V. — APPENDICE
l'influence des lois sur les pauvres, et l'encouragement au mariage diminuerait exactement dans le même rapport. Dans de telles circonstances, sans terres, sans aucun secours des paroisses, et avec un prix du travail sullisanlà l'entretien de deux enfants seulement, M. Youug peut-il croire sérieusement qu’un homme pauvre , instruit de sa situation, n’a point tort de se marier, et ne doit se faire aucun reproche en suivant ce que M. ïoung appelle les ordres de Dieu, de la nature et de la révélation? M. Young ne peut ignorer les déplorables suites d'un tel mariage. Son plan ne fait rien pour les prévenir. Il ne s'occupe donc point des maux qu’entraîne l’extrême indigence, ou s’il accorde que ces membres surnuméraires de la société doivent attendre pour se marier qu'il y ail tin collage vacant, ou qu'en quittant la campagne pour la ville, ils y trouvent de quoi pourvoir à l’entretien d’une famille, toutes ses déclamations contre le delai de mariage que j’ai conseillé s'appliquent également à son système. Au fait, si le plan de M. Young atteignait réellement l'objet qu’il professe d’avoir en vue , celui d’améliorer la condition du pauvre, s’il ne 9e détruisait pas lui-méme eu encourageant une multiplication trop rapide et par là même en abaissant le prix du travail, nul doute que non-seuleincnt les membres surnuméraires dont nous venons de parler, mais même tous les pauvres ouvriers, ne dussent attendre, pour se marier, un temps plus long qu’ils ne sont obligés de faire dans l’état présent de la société,
La proposition suivante est susceptible d’être mathématiquement démontrée. Dans un pays dont les ressources ne permettent pas à la pop»lalion de croître d'une manière permanente plus rapidement que ton taux d'accroissement actuel, il est impossible d'améliorer te sort il» peuple de manière à diminuer la mortalité , sans diminuer le notobri des naissances. Cela est dit en supposant que l'émigration n’augmente pas par quelque cause particulière ’. Tout homme qui a médité ce sujet
1 Pour ce qui regarde l'émigration , je renvoie le lecteur à ce que j'en ai dit» chapitre IV du livre lit, p. W6 de cet Essai. Il est bien aisé de dire que le B» quarts du globe habitable sont déserts; il u'est pas aussi aisé d'y établir de colonies. Les circonstances particulières, qui ont produit dans la Haute-Êcosse l'esprit d'émigration, et que lord Selkirk. a si clairement expliquées, ne sont pas dénaturé 1 se reproduire souvent, et il n'est pas a désirer qu elles se reproduisent. Or, a*115 de pareilles circonstances, les hommes ne se déterminent pas aisément à quitter leur pays natal ; ils aiment mieux y supporter bien des maux, que de courir le hasard de s'établir dans des contrées éloignées. C'est mon opinion , que le devoir <t l intérêt des gouvernements est de faciliter l'émigration ; mais ce serait sûrement