‹ Essai sur le principe de populationChapitre 334 sur 368 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Kdt

obstacle préférable à la mort prématurée. El celle opinion me parait pleinement confirmée par l'expérience.

En effet, toutes les fois qu’un lion gouvernement s’est appliqué à donner à ses sujets un plus haut degré de prévoyance, d’activité et de dignité personnelle, on a vu diminuer le rapport des mariages à la population. Cela prouve que l’amélioration générale du caractère n’cst pas incompatible avec une augmentation de tentations relativement à un vice particulier. Et l’exemple de la Norwège, de la Suisse, de l’Angleterre et de l’Ecosse, que j’ai déjà allégué dans le dernier chapitre de cet Essai, montre que le vice particulier qu’on a en vue n’est pas nécessairement plus commun là où le rapport des mariages et des naissances à toute la population est moins grand qu’ailieurs. C'est là, je pense, ce qui doit servir de règle au législateur. 11 ne peut pas estimer d’une manière exacte à quel point la chasteté est respectée par ceux qui vivent dans le célibat, lia besoin de résultats généraux pour diriger ses jugements. El ceux que je viens de mentionner sont en faveur des pays où l’on écoute les maximes de la prudence.

De la manière dont M. Young explique son plan actuellement, je n'ai aucune objection à y faire. Le mal particulier que je craignais d’en voir résulter, celui de faire perdre aux pauvres l’usage de se nourrir de froment, en y substituant le lait et les pommes de terre, ce mal, dis-je, pourrait certainement être évité en limitant le nombre des collages, et je suis entièrement de l’avis de cet auteur quand il dit qu’il ne faut pas renoncer à rendre 300,000 familles plus heureuses , parce qu’on ne peut pas étendre à toutes le même bienfait. J’ai hasardé moi-même de recommander une amélioration générale des collages , et même le système des vaches dans de justes limites; et peut-être, avec des précautions convenables,1 une certaine portion de terre pourrait être donnée à une partie considérable des classes ouvrières.

Si la loi qui donne aux pauvres le droit d’être entretenus venait à être rapportée, j’approuverais hautement tout plan qui tendrait à rendre celle mesure agréable au peuple à l’instant même où elle serait promulguée; et sous ce point de vue une sorte de transaction avec les classes pauvres serait très désirable. On a dernièrement fait l'essai, dans la paroisse de Long-N'evvnton , dans le comté de Glocester, d’un plan pour louer ou affermer aux ouvriers, sous certaines conditions, des portions de terre, et le résultat de cette opération, ainsi qu’une proposition générale qui en dépend, a été soumis au public par M. Estcourt. Le succès actuel a été très frappant. Mais en ce cas, comme en tout autre de même

Page 1