‹ Essai sur le principe de populationChapitre 335 sur 368 · LIVRE V. — APPENDICE · texte numérisé non relu

LIVRE V. — APPENDICE

genre, il faut toujours se rappeler qu'aucune expérience relative au soulagement des pauvres ne peut être envisagée comme achevée, qu’après avoir été répétée pendant le cours de plusieurs générations’. Je ne sais si l'on pourrait trouver un exemple d'une institution libérale en faveur des pauvres, qui n’ait pas réussi au premier moment, quelque mauvaise issue qu’elle ait eue ensuite. Mais cette considération ne doit point nous détourner de faire de telles expériences, lorsque l'on peut en obtenir un bien présent, sans qu'il y ait lieu d'en appréhender pour l'avenir de funestes suites. Elle doit servir seulement b nous rendre moins

confiants dans nos espérances et plus circonspects dans nos entreprises.

Quant à la question générale de l'avantage qu’il peut y avoir pour les classes inférieures du peuple d’être propriétaires de terres , il faut se rappeler que ce n'est point là précisément une chose nouvelle. Autrefois ce système était généralement adopté dans presque tous les pars qui nous sont bien connus. Il l'est encore en quelques contrées, où les paysans 11e jouissent pas de beaucoup d'aisance, mais où ils sont au contraire fort pauvres et exposés à de fréquentes disettes. El véritablement. quant à ce dernier point , il est facile de comprendre que des paysans,qui vivent principalement du produit de leurs petites propriétés territoriales, doivent être plus sujets à éprouver la disette, que ceux qui comptent pour subsister sur les salaires généraux du travail. Quand la récolte manque dans un pays d'une certaine étendue et d’un sol varie, ce malheur se fait toujours sentir d’une manière partielle; quelques districts en sont plus affectés que d'autres. Mais si une mauvaise récolte de grains, de foin, de pommes de terre, ou si la mortalité des bestiaux, vient frapper un pauvre cultivateur, dont la subsistance dépend presqu'entièrement du produit de deux ou trois acres de terrain, il se trouve réduit à la situation la plus déplorable. Il manque d'argent pour acheter les choses de première nécessité, et ne jouit pointa cet égard des mêmes facilités que l'ouvrier qui vit de salaires et qui peut, par son travail, se

1 Dans toute espèce de plan , en particulier dans ce qui a rapport à une distnkutioo de terres, comme compensation pour la privation des assistances résultant des lois aetuelles sur les pauvres , la grande difficulté naîtrait des générations suivantes. Toutes les autres seraient en comparaison de nulle importance, l’endantun temps tout irait assez bien , et la portion légale des pauvres pourrait être fort diminuée. Mais dans les temps subséquents, il arriverait ou que la imputation pauvre l'accroîtrait aussi rapidement qu aiiparavaut , ou que le plan resterait expose à toutes les memes objections qui ont été faites contre le mien , sans que les même* principes de justice s’y tissent remarquer, et sans qu’on y vit régner le même accord dans l’ensemble. (Noie de l'auteur.)

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