LIVRE V. — APPENDICE
rait beaucoup sa condition? Mais il ne s'ensuit poiut de là qu'il y trouvât le même avantage, si ce système s'étendait indéfiniment, tellement que le pauvre dépendit presque entièrement de sa propriété de terre pour sa subsistance; que le prix du travail baissât cl que l’ouvrier renonçât au blé pour vivre de lait et de pommes de terre. Je ne suis doue nullement surpris, comme l’est M. Young, que le même système qui, dans les deux comtés de Lincoln et de Holland ’, donne aux paysans une aisance remarquable, drtl, si on l'établissait en Angleterre d’une manière générale, finir par y réduire les ouvriers à l'état des plus misérables habitants île l'Irlande.
Il est dangereux et impolitique de la part d’un gouvernement, de se charger du soin de fournir aux consommateurs des objets dont la demande est très grande. Il n'est pas probable qu'il y ait exception pour ce qui a rapport au soin de leur fournir des ouvriers. Je ne voudrais k aucun prix proposer une loi positive pour en déterminer le nombre et l'accroissement auquel il faut l'assujélir. Mais comme la mesure des secours que la société peut donner est nécessairement limitée, il dépend du législateur d'assigner celle limite. Le reste doit être laissé k la prudence cl k l'activité individuelles.
Si un plan de celte nature était adopté par le gouvernement, je ne puis m'empêcher de croire qu’il aurait l’effet de donner la meilleure espèce d'encouragement et de récompense k ceux qui sont chargés de la défense du pays. Si le terme des enrôlements était limité, et qu'à l’expiration du terme chacun de ceux qui se seraient bien conduits eût droit k obtenir une maison et une petite portion de terre, ou une habitation et une petite pension (selon qu'il serait ouvrier de campagne ou de ville); si ces concessions étaient déclarées propriétés inaliénables, on offrirait un fort motif aux jeunes gens, non-seulement de servir leur pays, mais de se bien conduire; et bientôt il se formerait au sein du pays une population martiale, telle que semble la requérir l'étal malheureux de l'Europe. Comme la société ne peut accorder qu'une assistance limitée, il semble juste et convenable, k tous égards, en marquant la limite, d'avoir en vue un but important.
Si les lois sur les pauvres sont maintenues dans leur étal actuel, il importe au moins de bien voir quelles sont les causes qui ont prévenu en partie leurs pernicieux effets, afin d’éviter de vaines plaintes, et surtout des changements dans quelques usages sans lesquels tout cet établissement ne pourrait pas subsister. La loi qui oblige chaque paroisse
’ in inqulry... Recherchrt, par Robert (jnurlay, cité page 387.