‹ Essai sur le principe de populationChapitre 344 sur 368 · L1VHE V. — APPENDICE · texte numérisé non relu

L1VHE V. — APPENDICE

râbles. Si, pour jouir de la société ou pour obtenir de plus forts salaires, les hommes consentent de leur propre gré à s’exposer b un air moins pur et à des séductions dangereuses , ils ne peuvent se plaindre d’aucune espèce de dureté ou de rigueur. L’excès de mortalité des villes tombe principalement sur les enfants; les hommes d’un âge mur s’en aperçoivent à peine. Les sexes y sont en nombre égal ; et chacun peut s’y llatter de jouir, après quelques années de travail, des douceurs de la vie domestique. Si, pendant qu’il est dans cet état d’attente, il se livre b des habitudes vicieuses qui lui fassent perdre de vue le mariage , il ne peut s’en prendre qu’b lui-même. Mais pour les nègres, le cas est tout différent. Le nombre inégal des sexes exclut la plupart des hommes de tout espoir de jouir de la vie domestique. Cette perspective ne vient point adoucir leurs peines et animer leurs travaux. Dans un état de privation qui ne présente aucun terme, ils semblent condamnés au vice, et l’on ne peut s’élonner qu’ils voient venir la mort avec joie, et qu’ils succombent si souvent h leur malheureux sort dès l’époque de la jeunesse.

Le second argument ne trouve pas moins d'appui dans le principe de population. En parcourant les divers pays de l’univers, on s’assure que, sous toutes les formes de gouvernement, même les plus injustes et les plus tyranniques, dans tous les climats, même les plus insalubres, la population (presque sans autre exception que le cas ci-dessus mentionné) a toujours pu se maintenir au niveau des moyens de subsistance. Si donc, par l’abolition de la traite, les esclaves des Indes-Occidentales étaient placés dans une situation simplement tolérable, si leur état civil et leurs habitudes morales approchaient seulement de celles de la généralité des hommes dans les pays les plus mal gouvernés, il serait contraire aux lois de la nature qu’ils ne pussent pas satisfaire, par les naissances, b la demande effective de travail; et il est difficile d’imaginer qu’une population ainsi recrutée ne fût pas, sous tous les rapports, préférable b celle qui existe en ce moment.

Il est donc de toute évidence que la considération des lois auxquelles sont assujétis l’accroissement et la diminution de l’espèce humaine , tend b fortifier de la manière la plus puissante tous les arguments en faveur de l’abolition de la traite.

Quant b l’état social des nations africaines , tout lecteur reconnaîtra aisément que lorsque j’ai décrit cet état, la question du commerce des esclaves était étrangère b l'objet dont j’étais occupé. Si j'entrais dans ce sujet, je craindrais d’être jeté dans une très longue digression. Mais certainement tous les faits que j'ai cités, principalement d’après Park,

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