CHAPITRE III
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J'ai écrit uu chapitre exprès sur la direction pratique de notre charité; et ailleurs, en divers passages détachés, j’ai payé un juste tribut d'éloges h la vertu, même exaltée, de la bienveillance. J’en appelle avec confiance h ceux qui ont lu ces parties de mon ouvrage et qui ont donné quelque attention au ton et h l’esprit qui règne dans toutes, je m'en remets h leur bonne foi pour répondre à M. Grahame, lorsqu'il m'accuse de vouloir extirper les vertus de la charité et de la bienveillance, sans aucun égard à l’effet qu'elles ont de rehausser la dignité morale de notre nature, lorsqu'il dit qu’à mon sens, « le devoir des riches est d’endurcir leur cœurs contre les calamités d’autrui, et d’empêcher aucun mouvement charitable d’éveiller en eux cette vertu, qui bien souvent est le seul lien moral qui les unisse à leurs semblables'.» Il est difficile de supposer que M. Grahame ait lu le chapitre que je viens de mentionner, puisque l’esprit et la lettre de ce qui y est contenu contredisent, de la manière la plus directe et la plus expresse, les imputations qu’il me fait.
Ce petit nombre d’exemples des faux exposés faits par M. Grahame, pourrait facilement être accru de beaucoup d'autres. Maissaus aller audelà , je me bornerai à remarquer que c’est un manque de bonne foi manifeste, de critiquer et de discuter des passages qui ne font plus partie de l'ouvrage que l’on attaque. C’est pourtant ce que M. Grahame a fait plus d’une fois, quoiqu'il pût difficilement ignorer qu’il s'attachait à des expressions que j’avais jugé convenable de changer ou même d'effacer.
Je n'aurais réellement pas cru que ce fût la peine de relever ces faux énoncés de M. Grahame, si, en les faisant, il n’avait pas usé d’un ton et d’un style qui m’ont paru mériter plus d’égard que ceux de plusieurs de mes adversaires.
Quant au fond et au but de l’ouvrage de M. Grahame, il semble destiné à établir que l’émigration est le remède naturel d’un excès de population; et qu’à défaut de celui-là, on n’en peut proposer aucun qui n’ait pas des suites pires que le mal. Ce sont là deux points que j’ai traités au long dans mon Estai, et il n’est nullement nécessaire de répéter ici des arguments que j’ai suffisamment développés.
L’émigration, en supposant qu’on en pût faire un libre usage, est une ressource qui ne peut être de longue durée. On ne peut donc, en aucun cas, l’envisager comme un remède suffisant. Le second point est une affaire d’opinion où chacun peut sans doute adopter l’un ou l’autre avis.
1 Ibid.