LIVRE V. — APPENDICE
Pour moi , j'avoue que l'expérience me parait contredire décidément celui qu’embrasse cet auteur. Ceux qui pensent autrement n’ont autre chose à faire qu’à se soumettre aux conséquences de leur principe. Ces conséquences sont, que la pauvreté et le malheur (mistry) produits par une population excédante, les salaires réduits et le manque d’ouvrage, sont des maux absolument sans remède; qu'ils doivent aller croissant à mesure que la population se répand sur la terre; que tous les efforts de la sagesse législative et de la charité privée exercent sans doute utilement la vertu et introduisent çà et là quelque variation dans la distribution de la misère, mais ne peuvent rien pour la diminuer ou empêcher qu’elle ne s’accroisse.
L’ouvrage de M. Weyland est d’un ordre fort supérieur à celui de M. Grahame. Il a aussi un objet bien défini en vue. Quoiqu’en entrant dans les détails, l'auteur soit forcé de partager mes opinions touchant les obstacles qui, dans le fait, maintiennent la population au niveau des subsistances, quoiqu'il n'allègue pas une seule raison pour expliquer la lenteur des progrès d'une population civilisée, qui ne vienne se ranger sous l'un des trois chefs que j’ai indiqués (la contrainte morale, le vice et la misère), il débute toutefois par une négation formelle de mes principes, et linit (comme on devait s’y attendre d’après un tel début) par poser des conclusions directement opposées aux miennes.
Après avoir exposé avec exactitude les principales propositions que j’ai pris à cœur d’établir, il considère les conclusions que j’en tire et dit: « En accordant les prémisses, il est certain qu’on ne peut nier les conséquences1. »
Je ne demande rien de plus. Si l’on peut me prouver que mes prémisses ne reposent pas sur de solides fondements , je suis tout prêt à abandonner les conséquences que j’en ai déduites.
Pour décider la question contestée, je n’ai que faire de répéter les preuves de ces prémisses , les unes de théorie les autres d'expérience, que j’ai développées avec soin. On est convenu qu'elles avaient été exposées avec assez de clarté; et plusieurs personnes, qui en nient les conséquences, n’ont pas laissé d’en reconnaître la force. Il ne me reste donc qu’à discuter les objections par lesquelles M. Weyland les attaque.
Il dit : « Que l’origine des erreurs et des faux raisonnements sur le principe de population parait être d’avoir envisagé comme naturel et comme généralement possible l'accroissement le plus rapide qui puisse
■ Principe de ta population et de ta production , p. 1S, angli
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