LIVRE V. — APPENDICE
déjà répondu dans une note que j’ai ajoutée, dans cette édition, au dernier chapitre du troisième livre*. Je me contenterai d’ajouter ici que les exemples de la manière dont la population précède la nourriture, présentés comme objection par un anonyme , reproduits et répétés par M. Grahame, sont à mes yeux des arguments en faveur de la doctrine qu’ils attaqueut La crainte qu'une population croissante ne meure de faim ’, si l’accroissement de sa nourriture n’a précédé, a été tournée en ridicule, et à cet effet on l’a comparée à la crainte qu'auraient des hommes, dont le nombre s’accroît, d’être obligés de rester nus, si les vêtements ne se multipliaient pas pour eux avant qu’ils vinssent au monde. Que notre crainte , dans le premier cas, soit bien ou mal fondée, on peut dire qu’elle serait toul-à-fait excusable dans le second; du moins la société a toujours agi comme étant de cet avis. Dans les vingt-quatre heures qui vont s’écouler, il naîtra environ huit cents enfants en Angleterre, y compris le Pays de Galles; et j’oserais assurer que dans le nombre de ceux qui arrivent à terme, il n’y en a pas un sur dix pour qui l'on n’ait préparé des vêtements avant leur naissance. S'il est dangereux de se servir d’instruments que l’on n’a pas appris à manier, il ne l’est pas moins d’employer des exemples que l'on ne sait pas appliquer, et qui prouvent précisément le contraire de ce que l’on a à cœur d’établir.
Il serait superflu de nous étendre davantage sur la théorie de M. Weyland. Quant aux conséquences pratiques qu’il en tire relativement à l’Angleterre , elles sont telles que l’on pouvait les attendre de semblables prémisses. Si la population , au lieu de tendre à passer le oiveaa des subsistances, devenait par degrés toujours plus lente à l’atteindre, l'opinion de M. Weyland, qu’il faut encourager l’accroissement de la classe ouvrière en soutenant les familles par d’abondantes assistances des paroisses, cette opinion, dis-je, serait peu t-étresou tenable. Mais si le contraire est bien prouvé, une telle opiniou n’est plus qu’un système de pauvreté et de dépendance universelle, tel que celui dont nous avons maintenant à gémir. Déjà plus du quart de la population d'Angleterre et de Galles est dans une abondance régulière des secours des paroisses, et si le système de M. Weyland, trop généralement suivi dans les provinces du centre, s'étendait dans tout le royaume, il est vraiment impossible de prévoir où s’arrêterait la pauvreté. Si l’assistance accor-
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’ C'est d'ailleurs ce que je n’ai pas dit. J'ai dit : que l'état d'une telle population serait détérioré-; ce qui est rigoureusement vrai. {Sole de l'auteur.)