CHAPITRE III
dée à tout enfant, naissant après les deux premiers, est bornée aux ouvriers il la terre , que M. Weyland appelle les nourriciers du pays, elle est une vraie injustice, puisqu'elle ne peut manquer de faire baisser les salaires des artisans et manufacturiers, sans leur offrir aucune compensation. Mais si, par un esprit de justice, on l’étend b toutes les classes, quelle effrayante perspective nous ofTre-t-elle! quel tableau d’égalité, d’indolence, de haillons, de dépendance, dans la moitié ou les trois quarts de la société! sous l’empire d’un tel système, c’est s'abuser que d’attendre des avantages essentiels de l’établissement des caisses cT épargne, eu de tout autre destiné à favoriser le travail et l'économie. Quand les salaires sont réduits au taux auquel ce système doit les amener, il ny a ni pouvoir ni motif d'épargner
11 est étrange d’entendre M. Weyland attribuer une grande partie de la richesse et de la prospérité de l’Angleterre b la population peu chère que suscitent ses lois sur les pauvres. Il semble croire que, si le travail avait été laissé à lui-même et que les ouvriers eussent été payés en proportion de leur talent et de leur activité, soit qu’ils eussent ou qu’ils n’eussent pas de famille, jamais l’Angleterre n’eût obtenu cet ascendant commercial et manufacturier qui la distingue d’une manière si éminente’. On a la réfutation en fait d’une opinion si mal fondée dans l’état de l’Ecosse, qui certainement, en proportion de ses ressources naturelles, a fait des progrès en agriculture, en manufactures et en commerce, durant les cinquante dernières années, plus rapides encore que ceux de l’Angleterre, quoique l’on puisse dire avec vérité, en s’attachant à l'essentiel, qu’elle n’avait pas les lois des pauvres.
Il n’est pas aisé de déterminer le prix du travail le plus favorable aux progrès de la richesse. On peut certainement concevoir qu’il soit trop haut pour la prospérité du commerce étranger. Mais je crois qu’il est beaucoup plus souvent trop bas, et je doute qu’en aucun pays le commerce étranger ail beaucoup prospéré, sans que la classe ouvrière ait eu de forts salaires en argent On ne peut vendre beaucoup sans avoir de quoi beaucoup acheter, et un pays ne peut pas faire de grands achats si la classe ouvrière n’y est pas dans un état qui fournisse des moyens d’acquérir les marchandises étrangères.
Or, rien ne tend plus efficacement ’a mettre les classes inférieures dans cet état, qu’une demande de travail laissée à son cours naturel, et
1 C'est évident ; et pourtant que de gens disent le contraire , l’écrivent et le croient probablement! {Jph. G.)
* Voyez ce qui est dit à la fin du ch. VI, liv. 1H. (Jph. G.)