‹ Essai sur le principe de populationChapitre 360 sur 368 · CHAPITRE lir · texte numérisé non relu

CHAPITRE lir

de l'existence de ces maux que le principe de population outrepassait le but du Créateur , que de conclure des vices causés par toutes les passions humaines, la convenance de détruire celles-ci au lieu d'apprendre à les bien régler.

Si ce point de vue du sujet est juste, il s'ensuit que, malgré les maux reconnus qu’entraine le principe de population , ce principe a , dans notre état présent , des avantages qui peuvent l'emporter de beaucoup sur ses inconvénients.

Il a été fait un tableau rapide de ces avantages , autant que le permettait notre plan, dans les chapitres que je viens de citer. Mais en dernier lieu il a été habilement développé dans l’ouvrage de M. Sumner sur la création ; je me trouve heureux de pouvoir renvoyer à cet écrit ceux de mes lecteurs qui veulent voir un sujet que je n'ai pu qu'indiquer, traité d'une manière complète et de main de maître.

Je suis pleinement d’accord avec M. Sumner sur les effets avantageux du principe de population ; c'est ma ferme conviction, que la tendance naturelle de la race humaine à s'accroître plus vite que ne peuvent s'accroître les moyens de pourvoir à sa subsistance ne pourrait être détruite ou essentiellement affaiblie, sans affaiblir l'espérance de s'élever et la crainte de s’abaisser dans la société, sentiments si nécessaires au développement des facultés et à l’avancement dn bonheur de l'homme. Mais avec cette conviction empreinte dans mon esprit, je ue suis nullement disposé à changer le point de vue sous lequel j’ai présenté les maux qui dérivent du principe de population. Pour être compensés par des biens, ces ntaux ne changent pas de nom ou de nature. Les considérer sous un autre aspect, refuser de les appeler des maux , ne serait pas moins déraisonnable que de craindrede déclarer vicieux l’abandon sans borne et sans règle aux passions de tout genre, et de prétendre toutefois que si le malheur est la suite d'un tel abandon, c'est précisément parce que les passions mêmes sont la source du bonheur et de la vertu.

J’ai toujours considéré le principe de population comme une loi particulièrement assortie h un état de discipline eFd'épreuve. Et véritablement, je ne crois pas que, dans toute la suite des lois de la nature qui nous sont connues, on puisse en citer une qui tende d'une manière aussi remarquable à appuyer et confirmer cet aspect, présenté par l'Écriture, de l’état de l’homme sur la terre. Comme chaque individu a le pouvoir d’éviter les suites fâcheuses du principe de population, tant pour lui que pour la société, en pratiquant nnc vertu qui lui est clairement prescrite par les lumières naturelles et que la révélation a sanc-

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