‹ Essai sur le principe de populationChapitre 365 sur 368 · VS · texte numérisé non relu

VS

Maryland ....

319, tiS

Virginie. ....

Caroline du N. .

Caroline du S. .

Géorgie

Ala hanta ....

Missitn-ipi. . . .

Louisiane ....

Teuesaéc ....

Kentucky ....

Ohio. ......

lndiana

Illinois

Missouri

Michigan ....

Arkansas

Dût. Fédéral . .

Ter. de Floride.

Id. Wisconsin. .

Id. Jowa ....

Ce tableau comprend la population blanche, la population libre de couleur et la population esclave. En 18l>0, il y avait, sur les 12 millions 8(>6 mille habitants, 82 pour 100 de blancs; 2 1/2 jiour 100 de gens de couleur libre; et 13 1/2 pour 100 de noirs esclaves. On comprend que l’état social de ces derniers n’est pas aussi favorable au développement de la population que celui des blancs ou des gens de couleur libre; et les recensements prouvent d'ailleurs que les états sans esclaves se sont développés plus vite que les autres '.

Les esclaves étaient au nombre de 697,897 en 1790; de 893,0-41 en

* M. Michel Chevalier, dans une note de ses Lettres sur l'Amérique du Sord, fait remarquer que dans le volume XII, p. 438 de V Encyclopédie américaine, la population de t Sll) est portée à $,309,758, mais que si les détails sont exacts, le total est de 5,510,718. De même le tableau de 1810, donne par Seybert, est un peu

NOTE DE L'ÉDITEUR SUR LA POP. DES ÉTATS-UNIS D'AMÉIUQUE. 657 1800; de 1,191,504 en 1810; de 1,558,064 en 1820; de 2,000,051 en 1850.

Bien que les premiers recensements ne comprennent pas les États et les Territoires qui sont comptés dans les derniers, on remarquera que les 15 qui manquent dans le recensement de 1790, en admettant qu’ils n’aient pas été compris avec les autres, n’offrent qu’une différence de 72,000 habitants; que 9 ne font au 5' qu’une différence de 152,000; que 5 au 4e ne font qu’une différence de 14,000; que 5 au 5* ne font qu’une différence de 54,000, etc.

Si l’on suit ces mouvements, il est facile de voir quels sont ceux de ces états dont la population obéit à une impulsion plus vive et ceux dont la lenteur compense cette extrême rapidité. En ne considérant que les quatre états les plus peuplés et sous un seul point de vue, on voit que la Virginie n’a pas doublé en cinquante ans; que la Pensylvanie a juste quadruplé; que New-York a septuplé ; et que l’Ohio a triplé en vingt ans, de 1820 à 1840.

Maltbus, on le sait, en se servant d’une progression géométrique pour formuler l’accroissement de la population , et d’une progression arithmétique pour formuler l’accroissement des subsistances, n’a pas voulu faire autre chose qu’exprimer des tendances. Beaucoup de gens ne l’ont pas compris, et les exagérations portent scientifiquement il faux. C’est donc une question secondaire que celle de savoir au juste les époques de doublement chez les différents peuples. Cependant, les détails suivants ne manquent pas d’intérêt.

Le docteur Price, d’après des relevés analysés par lui, avait avancéque dans quelques contrées de l’Attiérique du Nord, l'époque du doublement avait été de 15 ans’. Il s’appuyait sur quelques extraits d’un sermon du docteur llytes, qui avait trouvé, en 1748, la période de doublement de 25 ans, dans le lUiode-Island, pris en masse, et une période de 20 et 15 années dans quelques parties de l’intérieur de cette contrée. La période était de 20 ans dans le comté de Kent, et de 18 ans dans le comté de Providence.

Euler avait construit une Table basée sur des données puisées dans

différent de celui des dernières publications. Les chiffres que nous donnons sont ceux qui sont pris comme officiels.

Godwin donne aussi les tables de trois dénombrements américains d’après V A p perfu statistique sur les États-Unis, par Pitltin. Les totaux sont pour 1790, 1800 et 1810 : les nombres 5,939,336 ; 5,509,758 ; 7,339,903, qui ne diffèrent pas sensiblement de ceux du tableau que nous donnons. (Jph G.)

■ Voy. p. 8 et 306 ; et Priee’s obs., t. I, p. 283, 286, et t. Il, 260.

NOTES FINALES

les registres des naissances et des morts , d'après lesquelles le doublement avait eu lieu en 12 années 4/5

W. Pelty avait avancé qu’il était possible, qu’a la faveur de certaines circonstances particulières, la population doublât en 10 ans \

Malthus, s’appuyant sur ces trois autorités et sur les recensements américains, croyait, vers la lin du dernier siècle, se mettre â l’abri de toute exagération en disant : Lorsque la population n’est arrêtée par aucun obstacle , elle va doublant tous les vingt-cinq ans, et croit de période en période, selon une progression géométrique.

Il eut suffit que le fait de doublement en 25 ans eût été bien constaté une fois, en dehors de l’émigration, pour que la science adoptât à posteriori l’assertion de Malthus. Aujourd’hui, le nombre des expériences est tel, que nier la loi que nous venons d'énoncer, c'est nier l'évidence. Maison peut la comprendre et meme la concevoir à priori; c’est ce qu’ont très bien fait sentir Jean-Baptiste Say et M. Rossi \ Ce dernier formule une démonstration en peu de mots : < Si un produit deux, dit-il, et que les nouveaux produits aient chacun la même force productive qu’avait la première unité, deux produiront quatre, quatre produiront huit, et ainsi de suite. Abstraclivemenl parlant, Maltbus posait donc un principe incontestable »

Jean-Baptiste Say 4 raisonne comme suit : « Si nous écartons toutes les causes qui bornent l’accroissement de notre espèce, nous trouverons qu'un homme et une femme mariés aussitôt qu’ils sont nubiles, peuvent aisément donner naissance à douze enfants, tout au moins L’expé-

rience, à la vérité, nous apprend que la moitié environ des êtres humains périssent avant l’âge de 26 ans On voit par lâ que si chaque

couple ne peut pas élever douze enfants en étal de se reproduire, il en peut élever six qui sont capables de peupler autant que le premier couple l’a fait lui-même. D’où l’on peut conclure que, s’il n’y avait aucun obstacle k cette multiplication, la population d’un pays quelconque triplerait au bout de 26 ans. >

Ainsi, en rapprochant les appréciations du docteur Price, d’Euler, de W. Petty, de J.-B. Say, de M. Rossi, et surtout les recensements de la population américaine,) on arrive k cette conclusion de M. Place *, que

1 Voy. p. S et ‘J92.

’ Voy. p. 8; et Pot. arith., p. 14.

* Cour* d'éeon. pot , win* leçon.

* Cour» compl. d'éeon. pol.. 6« part., ch. 1.

- F»ge 6S0, » U note précédente de» traducteurs.

NOTE DE L'RDITFX'lt SUR I.A POP. DES ÉTATS-UNIS IVAMÉIUQPE. GS9 le terme de 25 ans désigne par Mallhus au doublement de la population, par la seule voie de la procréation, est loin d’être exagéré.

Quant à l'opinion de Godwin , qui a avancé que la population américaine avait doublé par la seule voie de l’émigration, s’il fallait encore fortifier les chiffres de MM. Place et Seybert,qui détruisent l’argument de fond en comble, nous citerions des relevés de M. Warden, ancien consul des États-Unis à Paris, qui a réuni avec soin tout ce qui concerne cette république ’, et qui a fait voir que sa population a toujours doublé en vingt-et-un ans , sans qu'il fût raisonnable de faire entrer l’émigration en ligne de compte, lin effet, les émigrants, qui étaient obligés de se faire inscrire, n'avaient pas dépassé, avant 1820, une moyenne annuelle de 4,000*. Or, 4,000 émigrants, pendant 21 ans, n’avaient pu faire que 84,000 nouveaux habitants , pendant que la population s'accroissait de plus de 5 millions d’individus.

I.a statistique manque d’un document qui serait la contre-épreuve des chiffres donnés sur l'émigration par Place, Seybert, Cooper, Blodget, Prévost *, Warden; nous voulons parler des chiffres qui indiqueraient le nombre des émigrants, l’exportation des hommes. Il y a lieu de croire qu’en France ce nombre ne s’élève pas h plus de 5,000 par an*. Ce nombre n’eût pas paru extraordinaire à Adam Smith, qui pensait « que rien n’est plus difficile à déplacer que l’homme*. » Mais nous ne pouvons quitter ce sujet sans dire avec J.-B. Say, h ceux qui croient aux grands effets de l’émigration , que cette émigration ne commence pas toujours par les classes indigentes «, que, par conséquent, la population perd en qualité et non en quantité. C’est lit une des causes qui ont ruiné l’Espagne. (Jpk G.)

1 Description statistique , historique et politique des Étals - Unis. Cinq vol. Paris, 1820.

* Warden, Descripl. des États-Unis, t. V, p. 104.

1 Appendice, p. S49.

* France statistique, par M. Legovt, p. 98.

‘ Rech. sur ta rich. des nations , liv. î, ch. 8, édit. Guillaumin, p. 103.

* 6'ouri complet. 6' part., ch. 13.

NOTES FINALES

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