LA VIE ET LES TRAVAUX
DE MALTIIUS'.
La recherche de la vérité, quand elle a réellement pour objet l’avancement des sciences, donne aux hommes qui s'y livrent un grand et précieux avantage : elle les élève au-dessus des petites passions qui troublent les âmes vulgaires, et leur fait voir avec indifférence les divers genres d’attaques que leurs travaux peuvent leur susciter. Ils ne sont pas blessés par des critiques mal fondées; car ils savent bien que la vérité, quand une fois elle est découverte et divulguée, est irrévocablement acquise à la science. Ils ne le sont pas davantage par des critiques justes, puisque, loin de les arrêter dans leur marche, elles contribuent, au contraire, à les faire avancer vers leur but. Les blessures faites à la vanité sont peu sensibles pour ceux qui n’aspirent qu’â éclairer leurs semblables, et qui considèrent comme un mal très grave la propagation d’une erreur.
Ce calme, que l'amour de la vérité donne aux personnes qui se livrent avec zèle à la culture des sciences, fut un des traits les plus saillants de la vie de l'homme célèbre dont je dois vous tracer l’histoire. Jamais un écrivain ne fut assailli, pendant le cours de sa vie presque tout entière, de plus de critiques, d’injures, de calomnies; et jamais, peut-être, aucun ne montra plus de modération et de patience, et ne fut moins dis-
1 Cette notice à été lue dans la séance publique du 28 décembre 183fi. Charles Comte, gendre de J. -B. Say, l'un des plus courageux publicistes de la restauration, auteur du Traité de législation et du Traité de la Propriété, fut nommé membre et secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques lors du rétablissement de celte classe de l’institut en 1832. ijph G.)
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posé a user de représailles. Il faut dire aussi que peu d’écrivains eureut, dans la vérité de leurs doctrines, une foi plus vive et plus sincère, et cherchèrent moins h tirer parti de leur réputation dans l’intérêt de leur fortune.
M. Thomas-Robert Malthus, membre de la Société royale de Londres, professeur d'histoire et d’économie politique au collège de la compagnie des Indes-Orientales, et un des cinq associés étrangers de l’Académie des sciences morales et politiques, naquit le 11 février 1766, h Rookery, près de Dorking, un des plus beaux sites du comté de Surrey. Son père, Daniel Malthus, à qui ce lieu appartenait, et qui y résidait avec sa famille , y avait reçu la visite de D. Hume et de J. J. Rousseau ; car il était un des partisans les {dus zélés des philosophes du dernier siècle et de leurs théories politiques.
M. Daniel Malthus avait déjà un premier fds auquel la coutume du pays lui faisait un devoir de laisser sa fortune. Pour assurer à son fils Thomas-Robert un état et des moyens d’existence honorables, il le lit entrer dans la carrière ecclésiastique. Voulant lui inspirer tout h la fois de l’amour pour sa religion, et de l’aversion pour les luttes théologiques, il confia le soin de sa première éducation h M. Richard Graves , auteur du Don Quichotte spirituel. Le jeune Malthus fut ensuite envoyé à l’Académie de Warrington, dans le Lancashire; et cet établissement n’ayaut pu se soutenir, il termina ses études sous Gilbert Wakelield , qui jouissait alors en Angleterre d’une grande réputation.
A l’âge de 1 8 ans, le jeune Malthus entra au collège de Jésus, à Cambridge. 11 y prit ses degrés en 1788, et fut élu membre de la société. L’année suivante, il entra dans les ordres, et alla résider au sein de sa famille. De lk, il desservit, comme vicaire, une cure du voisinage.
Les hommes, même quand ils sont doués d’un grand génie, subissent toujours l’influence des circonstances diverses an milieu desquelles ils sont placés : M. Malthus n’échappa point à la destinée commune; la première pensée du grand ouvrage auquel il a dû sa célébrité, lui fut inspirée par les évènements dont il fut témoin, et par les opinions qui régnaient au moment où il entra dans la carrière des lettres.
Les écrits de quelques-uns de nos philosophes , la formation des républiques américaines et la révolution française avaient exalté, en An-
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gleterre, un grand nombre d’imaginations, et détruit ia foi qu'ou avait eue jusqu’alors dans les anciennes doctrines politiques. Aux yeux de beaucoup d’écrivains, la plupart des calamités qui pesaient sur les hommes n’avaient pas d’autre cause que les vices des gouvernements ; de sorte qu’il suflisait , suivant eux , d’opérer des réformes politiques , pour que la perfectibilité humaine n’eût plus de bornes.
Un publiciste anglais sur l’esprit duquel les mêmes évènements avaient exercé une grande influence, William Godwin , s’étant pénétré des écrits de Rousseau, d’ilelvétius, du baron d’Holbach, crut que le temps était venu de mettre la science de la politique en harmonie avec les évènements qui venaient de s’accomplir; celle idée, qu’il avait conçue au mois de mai 1791, fut réalisée eu 1793, par la publication de son ouvrage sur la Justice politique
Williams Godwin se proposa de faire voir d’abord que le mal moral et les diverses calamités du genre humain n’avaient pas d’autres sources que les vices des gouvernements, et qu’on ne pouvait les faire cesser qu’en attaquant les causes qui les avaient engendrés.
Il essaya d’établir ensuite un système d'égalité qui préviendrait les effets des mauvaises institutions politiques; dans son système, les riches étaient considérés comme de simples administrateurs du bien d’autrui, et toute jouissance qu’ils se donnaient, à l’exclusion de quelqu’un des membres de la société, était une injustice.
Les désordres qui se manifestaient en France, au moment où cet ouvrage parut, avaient excité de vives craintes chez une partie considérable de la nation anglaise; les systèmes philosophiques auxquels on les attribuait, et qui, jusqu’alors, n’avaient été considérés par beaucoup de personnes que comme de vaines spéculations, étaient devenus pour elles des objets d’aversion et d’effroi; cependant les théories de Godwin rencontrèrent un grand nombre d’admirateurs, et dans ce nombre se trouva Daniel Mallhus!
Thomas-Robert, son fils, à qui l’étude de l’histoire et de l’économie
' An inquiry concerning political justice. 2 vol. in-4», Londres, 1793. Cet ouvrage a été imprimé pour la troisième fois en 1797 en 2 vol. in S°. Godwin avait 37 ans lorsqu'il le publia. (Jph G).
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politique avait appris que si les gouvernements contribuent à rendre les hommes vicieux et misérables, l’ignorance et la dégradation des classes inférieures concourent puissamment, de leur côté, soit à former, soit à maintenir les mauvais gouvernements, était loin de se faire illusion sur les résultats qu’on pouvait attendre des réformes politiques.
Cette divergence d'opinions entre le père et le (ils donna naissance à plus d’une controverse, et contribua, sans doute, à affermir dans l’esprit du dernier les idées qui bientôt après rendirent son nom célèbre, non seulement dans son pays, mais chez toutes les nations éclairées.
Un Essai sur l'avarice et la prodigalité , publié dans un journal •, par Williams Godwin, et une conversation de M. Mallhus avec un de ses amis au sujet de cet écrit, furent les causes déterminantes du célèbre Essai sur le principe de la population.
La première publication de cet Essai, qui parut sans nom d’auteur, et que l’on doit considérer moins comme une première édition que comme le précurseur du grand ouvrage que M. Mallhus publia cinq années après, sous le même titre, ne formait qu’un petit volume in-8°.
Il fut écrit sous l’impulsion des circonstances du moment, et à l’aide du petit nombre de matériaux que pouvait fournir h l’auteur la campagne dans laquelle il vivait. Le principe qui en formait la base avait été puisé dans les écrits de Hume, de Wallace, d’Adam Smith et du docteur Price. L’objet de M. Mallhus n’avait été d’abord que de juger, d’après le principe, de la vérité des systèmes sur la perfectibilité de l’homme et de la société, qui fixaient alors l’attention publique ».
Les auteurs de ces systèmes n'avaient vu que dans les vices des gouvernements les obstacles au perfectionnement des hommes; ils avaient à peine remarqué la tendance naturelle de chaque peuple à se
’ Voyez page t, la préface où Mallhus raconte l'origine de son ouvrage et cite les auteurs qui lut ont d'abord serai de guides. ' (Jph G.)
» Tlie Enquirer. Ce recueil, publié en 1707, est composé d’une série d'essais dans lesquels Godwin consignait ses recherches et scs réflexions sur l'éducation , les mteurs et la littérature. Godwin , né en 1736 , était à celte époque un écrivain déjà célèbre. Ses doctrines avaient en du retentissement. Il venait en outre d'épouser Mistriss VVolIslonecroft dont les écrits et les aventures avaient encore vulgarisé son nom (Voy. la préface de l'auteur, p. 1). (Jph G.)
SUll LA VIE ET LES TRAVAUX DE MALTHUS.
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multiplier d’une manière trop rapide, relativement h ses subsistances, ou elle ne leur avait présenté que des inconvénients peu graves ou du moins très éloignés.
M. Malthus vit, au contraire, dans cette tendance, commune à toutes les espèces animées, la cause principale du malaise et de la pauvreté qu’on observe dans les classes inférieures chez toutes les nations ; il y trouva, de plus, la cause qui, de tout temps et en tout pays, a fait avorter les tentatives des autres classes de la société pour les secourir.
En observant la marche que les classes pauvres ont toujours suivie dans leur multiplication, il crut voir qu’elles n'avaient jamais rencontré que deux obstacles efficaces b leur accroissement : le vice et la misère.
Les écrivains aux yeux desquels la perfectibilité de l'homme et des institutions sociales était sans limites, avaient cru voir dans la forme des gouvernements la cause unique de tous les vices et de toutes les misères; M. Malthus, au contraire, en comparant les maux que pouvait faire un mauvais gouvernement à ceux que produisent les passions de l’homme, avait trouvé les premiers si légers, qu’il les avait assimilés à des plumes flottantes sur la surface d’un gouffre.
Le système d'égalité, que plusieurs écrivains politiques avaient adopté, les avait conduits à considérer les richesses comme un fonds commun qui devait servir à satisfaire les besoins de la société, et sur lequel chacun avait un droità peu près égal ; la propriété, surtout quand elle est acquise par succession, n’était aux yeux de quelques-uns qu’une prime accordée à l’oisiveté, qu’une sorte de pension annuelle, instituée au profit du petit nombre, pour retenir le genre humain dans un état d’ignorance et de brutalité.
M. Malthus attaqua franchement ce système; il établit en principe qu’un homme qui vient dans un pays occupé, et qui ne reçoit aucune fortune de ses parents, n’a rigoureusement droit qu’à la subsistance qu’il peut se procurer par son travail; il fit voir que l’espèce d’égalité vers laquelle certains écrivains poussaient la population, si elle se réalisait, loin de contribuer à rendre les hommes plus heureux, n’aurait pour effet qu’un accroissement de vices et de misère •.
1 Cette proposition de M. Malthus a soulevé contre lui les écrivains qui foraient,
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Un ouvrage qui tendait h dissiper les illusions auxquelles on avait aimé jusqu’alors à se livrer, qui renversait de fond en comble les systèmes imaginés pour le bonheur du genre humain, par des écrivains d'un grand mérite, et qui détruisait même pour l'avenir la base de toutes les utopies, devait produire et produisit, en effet, une sensation profonde.
A peine eut-il été publié, que les uns l’attaquèrent avec une animosité sans exemple, et que les autres l'accueillirent avec enthousiasme. Ceux qui faisaient dépendre le bonheur du genre humain de l'adoption de leurs théories, et ceux qui tentaient de persuader à la masse de la population anglaise, que tous ses maux étaient causés par les vices de ses institutions, se soulevèrent contre un écrit dans lequel on considérait comme chimériques les espérances qu’ils avaient conçues ou inspirées. Tous ceux, au contraire, qui craignaient qu’une révolution ne les dépouillât de leurs propriétés ou ne leur fit perdre quelques-uns des avantages que leur assuraient les institutions de leurs pays, adoptèrent sans examen les idées d’un écrivain qui voulait leur garantir la liberté la plus absolue de disposer de leurs biens, et qui voyait la cause de la misère et des vices des classes inférieures ailleurs que dans les institutions politiques. ,
M. Malthus ne fut ralenti dans la recherche de la vérité, ni par l’injustice des critiques ni par l’exagération des éloges. Il étudia de nouveau le principe qu’il avait donné pour fondement k son ouvrage; et plus il en fît le sujet de ses réflexions, plus il en comprit l’importance. Il ne s’en était d’abord servi que pour apprécier les théories politiques de
sous l’inspiration de leur bienveillance et à l'aide de leur imagination, des théories morales et politiques , sans se mettre beaucoup en peine des résultats éloignés qu'elles produiront dans la pratique. Ces écrivains auraient dû voir cependant que si l'on admettait, contre tous les hommes qui possèdent quelque chose, et au profit de tous ceux qui sont dans le besoin, le droit, dans le sens rigoureux du mot, du se faire livrer des moyens d’existence, on devrait ne pas s'arrêter à une vaine déclaration. 11 faudrait, en outre, déterminer l'étendue de cc droit, et donner à chacune des personnes chez lesquelles il existerait , une action pour l'exercer. Or, si jamais une nation s’avisait d'adopter une pareille pratique , il ne lui faudrait pas bcauroup de siècles pour descendre à l’état de misère et d'abrutissement des indigènes du Paraguay , soumis par les jésuites à un régime analogue. (Note de Ch. Comte).
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quelques écrivains célèbres ; il voulut savoir quelle influence ce principe avait exercée sur les nations aux diverses époques de l’histoire. Après en avoir considéré l’action chez les peuples anciens et chez les hordes les plus barbares, décrite par les voyageurs, il crut devoir ajouter les pratiques aux lectures, et à la connaissance des temps passés les leçons vivantes du présent. Il prit le parti d’en aller observer par lui-même l'influence chez quelques-unes des nations de l’Europe, afin de mieux déterminer les conséquences qu’on pouvait en tirer dans la pratique.
Au printemps de 1791), il partit d’Angleterre, dans l’intention de visiter les peuples du Nord, avec trois de ses amis, membres comme lui du collège de Jésus, à Cambridge.
Au nombre des voyageurs était Édouard-Daniel Clarke, connu par ses voyages dans diverses parties de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique. Les quatre amis parcoururent ensemble le Danemark, la Suède, la Norvège et une partie de la Russie. Le journal dans lequel M. Malthus consignait les faits et les observations qui se rattachaient à l’objet de ses recherches, fut une des sources où puisa Clarke pour la rédaction de scs voyages1. Plus tard, M. Malthus visita la Suisse et la Savoie, dans le but qui l’avait attiré chez les nations du Nord.
Le résultat de ses courses et de ses méditations fut, en 1803, la seconde édition de son Essai sur le principe de la population \ Celte édi-
I Edward- Daniel Clarke' s Iravels in various counlrics o[ Europe , Asia and Africa ; prerace to lhe 5th part.
* Un vol. in-4». Malthus indique dans une seconde préface que nous avons re-
produite aussi dans cette nouvelle édition p. 1., les recherches qu’il avait entreprises et les changements qu’il crut devoir faire à son premier travail. Voy. p. v, p. xtv de cette notice, et p. 632 de cette nouvelle édition *. (JpA G.)
• Godwin, dans sa réfutation |V. I, noie), et la plupart des adversaires de Malthus, qui, d'ailleurs, lui ont emprunté presque tous leurs arguments, ont surtout dirigé leurs attaques contre deux passages de l'édition de 1805- Malthus en s maintenu un (V. p. Gte) ; mais l'antre ne se trouve plus dans la derrière édition.
If voici , « Un homme qui naît dans un monde déjà occupé, si sa famille ne peut pas te nourrir, ou si la société ne peut utiliser son travail, n'a pas le riotsnns nsoiv à réclamer une portion quelconque de nourriture, et il est réellement de trop sur la terre. An onasn banquet de la nattai, rt n’y a point de cor veut ms poen ml. La nature lui commande de s’en aller, et elle ne larde pas à mettre elle-même cet ordre à ejcéculion. »
Cela eo* cfTrayant ; mais Malthus ne l'invente ni le conseille : il le constate et il en avertit le père de tamille et tous ceui qui coopèrent à la multiplication des hommes, hors des proportions avnc les stibaistanres. Au Hea de i « n'a pas le moindre droit A réclamer, mettez i * réclame en vain, - et la phrosn de Malthos sera l’expression pure et simple do notre état social.
II n'y a rien A répondre à ceux qui rendent lUalthui responsable des monstrueuses billevesées de
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lion différait tellement de la première, que l’auteur l’aurait présentée comme un ouvrage entièrement nouveau, s’il n’avait pas voulu se dispenser de renvoyer continuellement ses lecteurs aux parties peu nombreuses de la première, qu’il voulait conserver et qu’il fit entrer, en conséquence, dans la composition de la seconde. En publiant celle-ci, M. Mallhus cessa de garder l'anonyme, et les attaques auxquelles la première avait donné lieu, redoublèrent de violence. L’esprit de système et l'esprit de parti se liguèrent contre un écrivain qui tendait h substituer l’observation rigoureuse des faits à de vaines spéculations, et à faire reposer ainsi la science sur une base inébranlable.
Il existe peu d’ouvrages aussi célèbres que l’ Essai sur le principe de la population ; il en est peu dont on ait parlé davantage et sur lesquels des gens qui ne sont pas sans instruction, aient porté, et portent encore tous les jours, plus de jugements erronés. Les fausses idées qu’en donnèrent, il y a plus de trente ans, des écrivains populaires qui se croyaient intéressés h le déprécier, se sont répandues dans le monde et sont devenues, chez un certain nombre de personnes, des préjugés invétérés. Souvent on entend avec surprise des hommes qui, ne l'ayant jamais lu et ne connaissant aucune des critiques qui l’assaillirent au moment où il parut, répètent avec assurance, comme des vérités universellement admises , les accusations les plus mal fondées dont il fut alors l’objet. D’autres, le jugeant ou sur des fragments isolés ou du moins sur une lecture très superficielle, ont pris la peine de réfuter des opinions qu’ils y supposaient, mais qu’on y chercherait en vain, et qui sont même contraires à celles que l’auteur professe.
=- Les observations sur lesquelles M. Malthus avait fondé sa théorie sont fort simples, et la vérité en peut être difficilement contestée. Tous les êtres animés tendent par leur nature k se multiplier h l'infini , et leur multiplication n’aurait, en effet, aucun terme, si les uns ne faisaient pas obstacle k l’accroissement des autres, et s’ils ne manquaient ni de pf.ïce
Weinhold cl de Marcus. Ils n'ont pas lu l'Exxai sur le principe de population .— On a publié A Londres, avec le nom de Marcus, un livre dans lequel on propose, pour prévenir l'excès de la population, le procédé de painless extinction (asphyxie sans douleur) sur les nouveaux nés. M. Weinhold, conseiller de régeifce en Saxe, a, dans son écril intitulé : De l’excès de population dans l'Europe centrale (Halle 1M7), indiqué le moyen employé par l'Eglise pour obtenir certaine* voix, el par le* Turcs pour donner de lidélc* gardiens à la vertu de leurs femmes. (Jph G.)