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OBSTACLES A LA POPULATION DANS LE NOHP DE L'EUROPE

des peuples pasteurs, l’habitude de la guerre et l’esprit d’entreprise, les empêchaient de se livrer au défrichement et à la culture des terres'; et ces forêts même, dont ils étaient entourés , en resserrant dans d'étroites limites les sources de leurs subsistances, contribuaient à produire chez eux un superflu de population, c’est-à-dire, à établir un rapport disproportionné entre leur nombre toujours croissant et les faibles moyens qui étaient à leur portée.

Il y a une autre cause, à laquelle il est rare (pie l’on prenne garde, qui fait que les pays pauvres, froids et mal peuplés, tendent en général à produire un superflu de population, et disposent fortement les peuples à l’émigration. Dans les pays chauds plus populeux, dans ceux surtout où il y a beaucoup de villes et de manufactures, il est rare qu’une disette, pour peu qu’elle dure, ne produise pas des épidémies, tantôt sous la forme d’une contagion furieuse et pestilentielle, tantôt sous différents noms de maladies moins violentes, mais qui agissent avec plus de constance. Au contraire, dans les pays pauvres et froids, où la population est éparse, il arrive, par la qualité antiseptique* de l’air, que la misère, causée par là disette ou la mauvaise nourriture, peut durer très longtemps sans avoir de telles suites : et en conséquence, dans ces contrées, le besoin de l’émigration se fait sentir avec plus de force et pendant une beaucoup plus longue période5.

Je ne veux pas dire néanmoins que toutes les expéditions du Nord

utilement et ne pas émigrer avec le vire et la misère, il faut des capitaux. Or, on nous accordera que lorsque les populations fuient le sol natal, ce n'est pas précisément l'abondance des capitaux qui est cause de leur départ. Ce serait une utile statistique, que celle des émigrations. On a sur ce point de singulières idées. Vol. III, cil. IV, sur Vémigralion. (Jph. G.)

1 « Nec a rare terrain aut expectare annupi tam facile persuaseris, quam r ocare houles et ruinera mm ri ; pigrum quin imo et iners videlur suilnre acquirere quart posais sanguine para re. » Taeit. De mor., German. En effet, il n'y a rien de plus évident, que l’extrême difficulté qu'éprouve une nation à changer scs habitudes : ainsi il n'y a point de raisonnement plus trompeur que celui par lequel on infère, de ce qu’un peuple ne met pas ses terres en valeur, qu'il n'est pas sollicité par le besoin. (Note de l'auteur.)

* Propre à arrêter les progrès de la gangrené. (Jph. G.)

* les épidémies ont leurs retours, plus rares ou plus fréquents, selon la nature du sol, de l’air, de la situation, etc. De là vient, qu'en quelques pays, elles reviennent annuellement, comme en Egypte et à Constantinople; en d'autres, tous les quatre ou cinq ans, comme autour d’Alep et de Tripoli; ailleurs, à peine une fois en dix, douze ou trente ans, comme enAugleterre; ailleurs encore, jamais plus tôt que tous les vingt ans, comme en Norwège et dans les Iles du nord. Short, History ef air seasons, etc. Vol. II, p. 344. (Sole de l'auteur.)

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