‹ Essai sur le principe de populationChapitre 51 sur 368 · OBSTACLES A LA POPULAT. CHEZ LES PEUPLES PASTEURS ACTUELS · texte numérisé non relu

OBSTACLES A LA POPULAT. CHEZ LES PEUPLES PASTEURS ACTUELS

en bestiaux, il y a plus à gagner par le pillage que chez les Arabes. La résistance est plus forte à raison de la force des tribus; et l’usage de faire des esclaves est très général. Il résulte de là que la guerre enlève un plus grand nombre d’hommes. D’un côté le riche butin , de l'autre la diminution des consommateurs, mettent quelques hordes de brigands heureux dans un état d’ahondance , en comparaison de celui où se trouvent des voisins moins entreprenants. Le professeur l’allas rend un compte détaillé de la situation de deux tribus errantes du nombre de celles qui sont sujettes de la Russie. L’une subsiste prcsqu’iiniquement de pillage; l’autre vit d’une manière aussi paisible que peut le permettre la turbulence de ses voisins. Il est intéressant de remarquer les différents obstacles qu’opposent à la population ces différentes habitudes.

Les Kirghiz, suivant Pallas1, vivent dans l’aisance, en conq>araison des autres tribus errantes qui sont sujettes de la Russie. L’esprit de liberté et d’indépendance qui règne parmi eux, joint à la facilité avec laquelle ils se procurent autant de troupeaux qu’il leur en faut pour se nourrir, empêche qu’aucun d’eux ne se mette au service des autres. Ils s’attendent tous à être traités comme frères; et les riches, en conséquence, sont obligés de se faire servir par des esclaves. On peut demander ici : Quelles sont les causes qui empêchent les classes inférieures du peuple de s’accroître, au point de devenir très pauvres?

l’allas ne nous apprend pas s’il faut mettre au nombre de ces causes, certaines coutumes vicieuses, ou la contrainte qu’on s'impose relativement au mariage par la crainte d’être chargé de famille : mais ce qu’il dit du gouvernement civil de ces peuples et de la licence que produit chez eux l’esprit de rapine , suffit peut-être pour expliquer le fait dont il s’agit. Le Khan n’exerce son autorité que par l’entremise d'un conseil composé des principaux personnages du peuple ; et même les décrets qu’il rend de. la sorte sont perpétuellement violés avec impunité*. Ainsi, quoique leurs lois leur défendent de piller leurs voisins, les kazalpacs, les Ilukariens, les Persans, les Turcomans, les Kalmouks et les Russes, d’enlever leur bétail, leurs marchandises ou leurs per-

cetle guerre de maraude est une de celles qui occupent davantage les Arabes. » Volney, Voy. en Égypte cl en Syrie, t. I, ch. XXIII, p. 504. (Note de l'auteur.)

' N’ayant pu me procurer l’ouvrage de Pallas sur l'histoire des nations Mongoles, j’ai fait usage de l’abrégé général des ouvrages des voyageursmsses.en 4 vol. in-S”, qui a été publié à Berne et à Lausanne en 1781 et 1784, intitulé Découvertes des Russes, t. lit, p. 59!». (Note de l'auteur.)

9 Découverte s des Russes, t. III, p. 589.

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