‹ Essai sur le principe de populationChapitre 67 sur 368 · OBSTACLES A LA POPULATION DANS L'INDOSTAN ET LE TIBET · texte numérisé non relu

OBSTACLES A LA POPULATION DANS L'INDOSTAN ET LE TIBET

jésuite dit d’une manière plus générale : t Toutes les années nous baptisons un millier d'enfants, que leurs parents ne peuvent plus nourrir, ou qui, paraissant prêts k mourir, nous sont vendus par leurs mères atin de s’en débarrasser '. »

Les obstacles destructifs qui arrêtent la population se font surtout sentira la classe des Soudra , ainsi qu’a ces êtres encore plus misérables, qui sont le rebut des autres clashs, et auxquels on ne permet pas de vivre dans l’enceinte des villes .

Cette partie de la population devait beaucoup souffrir des épidémies que font naître l'indigence et la mauvaise nourriture ; et la mortalité des enfants devait être très considérable. Une disette les enlevait probablement par milliers, avant que les classes moyennes fussent atteintes. L’abbé Raynal dit, je ne sais sur quelle autorité, que, lorsque la récolte de riz manque, les huttes de ces malheureuses castes sont livrées aux flammes, et leurs habitants fusillés par les propriétaires du sol, de peur qu’ils ne consomment quelque partie du produit \

La difficulté d’élever une famille, même parmi les classes moyennes et supérieures, ou la craiute d’étre dégradés de leur caste, a porté les habitants de quelques parties de l’Inde k recourir aux expédients les plus cruels. Sur les frontières du Junapore, district de la province de Bénarès , il y a une tribu où la pratique d’ôter la vie aux filles naissantes est établie. On y force les mères k les faire mourir de faim. La raison qu’en donne ce peuple est la grande dépense qu’exigerait le mariage de leurs filles. Un seul village de ce district s’était abstenu de cette cruelle pratique , et on y voyait beaucoup de femmes vieillissant dans le célibat.

On pourrait croire qu’un usage de cette nature devrait amener l’extinction de la race qui l’a adopté. Mais il parait que le petit nombre d’exceptions k l’usage, et les mariages contractés avec des personnes appartenant k d’autres tribus, suffisent pour maintenir la population. La compagnie anglaise des Indes orientales a forcé ce peuple k prendre l’engagement de renoncer k cette odieuse coutume \

Sur la côte de Malabar , les Nayrs ne contractent pas des mariages réguliers. La succession par droit d'héritage est dévolue k la mère du lVère », ou k son défaut au lils de la sœur; le père étant toujours eon-

1 Lettres édifiantes, t. XIV, p. 2S4. — * Jones" s ïï'orks, vol. lit, ch. X, p. 390. 1 II ist. des Indes , t. I, liv. I, p. <J7.

4 Asiatic liesrarchcs, t. IV, p. 534.

* N'«st-c« point au frère de la mère ? ( Sole des traducteurs.)

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