‹ Essai sur le principe de populationChapitre 89 sur 368 · LIVRE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II

eu plus d’énergie; en d’autres termes, la mortalité y a été plus grande.

Un mémoire de M. Wargentin, inséré dans les Mémoires abrégés de l’Académie royale des sciences de Stockholm , établit la mortalité moyenne, comparée à la population entière, pour toute la Suède, pendant neuf années finissant en 1GÜ3, dans le rapport de 1 à 34 3/4*. M. Wargentin a fourni ail docteur Price la continuation de ces tables, et la moyenne de 21 ans a donné pour résultat le rapport de 1 à 5i 3/5, qui est à bien peu près le même que le précèdent’. C’est là sans doute une très grande mortalité, pour un pays où le nombre des personnes occupées des travaux de l’agriculture est proportionnellement aussi grand qu’il l’est en Suède. Dans le tableau de la Suède par Cantzlaer, on trouve que les habitants des villes ne sont aux habitants des campagnes que comme \ est à 13“; tandis que dans des pays fort peuplés, ce rapport est souvent de 1 à 3 et quelquefois au-dessus *. La plus grande mortalité des villes ne peut donc affecter beaucoup en Suède le rapport de la mortalité générale.

La mortalité moyenne des villages est, selon Sussmilch, dans le rapport de 1 à 40'. En Prusse et en Poméranie , où il se trouve un assez grand nombre de villes grandes et malsaines, et où les habitants des villes sont à ceux des campagnes dans le rapport de 1 à 4, la mortalité est moindre que 1 sur 57*. J’ai déjà dit qu'en Norwège elle était de 1 sur 48, et par conséquent singulièrement moindre qu'en Suède, quoique le rapport des habitants des villes à celui des campagnes y soit plus grand’. Il est vrai qu’en Suède, les villes sont plus grandes et plus malsaines; mais il n’y a pas de raison de croire que la campagne y soit moins favorable à la durée de la vie. Les montagnes de Norwège sont en général inhabitables; les vallées sont les seules parties peuplées; plusieurs ne sont que des gorges profondes et étroites, dont le fonds est cultivé, entre des rochers à pic d’une grande hauteur', qui interceptent

' Un vol. in-<“, imprimé à Paris en 1772.

* Pricc's, Observations on réversible payments, vol. Il, p. 126.

’ Mémoires pour servira la connaissance des affairespolitiques et économiques du royaume de Suède , in-a", 1776, ch. VI, p. 1S7. Cet ouvrage esl envisagé comme contenant des informations fort exactes, et il est très estimé à Stockholm. [Sole de l'auteur.)

* Sussmilch, Gollliche ordnung, vol. I, ch. II, sect. XXXIV, édit. 1798.

* Ibid., seet. XXXV, p. 91. — • Ibid., vol. III, p. 60.

’ Thaarup, Statistik der Danischen monarchie, vol. II, table II, p. 8, 1763.

* Quelques-unes de ces vallées sont singulièrement pittoresques. La route principale de Christiania à Drontheim suit pendant prés de 180 milles anglais (280 kilomètres, une vallée continue de cette espèce, le long d’une belle rivière, qui s’élargit en un

pendant plusieurs heures les rayons du soleil : cette situation semble devoir être moins salubre que le sol de la Suède qui est plus ouvert et plus sec.

On ne peut donc gttères rendre compte de la mortalité de la Suède, qu'en supposant que les habitudesdu peuple, et les encouragements du gouvernement, y ont forcé la population, et ont en conséquence fait naître les maladies , qui sont l’effet inévitable de la pauvreté et de la mauvaise nourriture. L’observation parait confirmer cette conjecture.

La Suède ne produit pas de quoi nourrir sa population ; il y a annuellement un déficit en grains qui, par un calcul fait sur les années 17(38 à 1772, peut être évalué de 410,000 tonnes *. C’est à peu près ce qui a été importé de l’étranger, outre du porc, du beurre ou du fromage en quantité considérable*.

On suppose qu’en Suède, la distillation des grains en consomme plus de 400,000 tonnes. Lorsque le gouvernement l’a prohibée, les tables d’importation ont éprouvé une variation en moins*, mais on y remarque peu de variation en plus dans les années de mauvaise récolte, qui, comme on sait, sont assez fréquentes. Dans les années les plus abondantes, où la distillation a été laissée libre, on assure qu’on a généralement importé 380,000 tonnes*. Il s’ensuit de la que les Suédois consomment tout le produit des meilleures années , et près de 400,000 tonnes en sus; et que, dans les plus mauvaises années, leur consommation diminue presque de toute la quantité dont la récolte se trouve manquer. La masse du peuple paraît trop pauvre pour pouvoir acheter la même quantité de blé, lorsque le prix hausse beaucoup. Il n’y a donc point assez de débit pour encourager les marchands de blé à importer en grande abondance. L’efTet d’un déficit d’un quart ou d’un tiers de la récolte est d’obliger le manouvricr h se contenter h peu près

endroit et forme le grand lac Missen. Je suis porté à croire qu'on ne peut trouver aucune rivière en Europe, qui offre une suite aussi constante de sites remarquables parleur beauté. Elle prend différents noms cil differentes parties de son cours. Dans les vallées la verdure est singulièrement douce, le feuillage des arbres est très fourni, et en été rien n'y annonce l’âpreté d'un climat du nord. (.Vols de l'auteur.)

’ Mémoire t , table XVI, p. 17 i. — ’ Ibid., table XVII, ch. VI, p. 198.

* Ibid., table XLII, p. J18 ; ch. VI, p. 201. Je n'ai pas trouvé la mesure exacte de la tonne de Suède. Elle est un peu moindre que le sac ou demi-quarteranglais*. (.Vole de l'auteur.)

4 Mémoirrf du royaume de Suède, ch. VI, p. 201.

1 Le quarter faut 2 hectolitres 9,068 ; lo demi-quarter faut 1,453 hectolitres, fl t a en Suftlr deux tonnes jimua): une <lc 1 heel. 4ti5, une secoude de 1 hest.258. Yoy. üictioim.duromm.a des trnxrch. jrürlci Losonc* ci St(k.&iiolm. (Jph. G.)

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