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LAC CIN IS ON CEUVRE

La Confédération Générale des Vignerons, naquit le 23 septembre 1907. « Elle répondait à la nécessité d'une action commune et cohérante contre la fraude et à la conviction que toute organisation du marché serait impossible, tant que l’on n'aurait pas pris d’abord les mesures utiles pour le préserver de l'invasion de tout ce qui n'est pas le produit fermenté du jus de raisins frais. » (1).

La €. G. V. est l’union de Syndicats Régionaux étendant leur action sur l’ensemble des départements viticoles du Midi. Elle a pour objet, l’étude et la défense des intérêts viticoles. Elle examine et propose toutes réformes législatives, toutes mesures économiques susceptibles d’intéresser la viticulture; elle soutient auprès des pouvoirs publics celles qui lui paraissent utiles.

Les Syndicats Régionaux ont pour but plus direct de rechercher les fraudes, d'exercer ou de provoquer toutes poursuites auxquelles elles peuvent donner lieu.

(1) Maurice CaupertT. — Essai sur la C. G. V. Imprimerie de l'Économiste Méridional (Montpellier 1021, page 75).

TS Depuis 1907, la C. G. V. s'est préoccupée d'orgamiser et de consolider son service de recherche des fraudes. À l'origine, les Syndicats, utilisant une faculté alors donnée aux Communes, ont fait attribuer à des agents l'investiture indispensable d’un Maire de la région pour les présenter à l'agrément du Préfet.

Ces agents ainsi recrutés par la C. G. V. agréés et commissionnés par l'autorité préfectorale, payés grâce aux fonds mis, dans ce but, à la disposition des finances publiques par la C. G. V., ont rempli une mission dont le cadre devait être encore élargi, lorsque l'investiture ministérielle leur a été, par la suite, accordée.

Les agents ainsi recrutés et payés par la C. G. V. ont, en ce qui concerne la recherche de la constatation des fraudes, les mêmes pouvoirs que les agents de l'Etat.

Les inspecteurs des Syndicats d'aujourd'hui, nous apparaissent comme les héritiers lointains de ces gardes jurés de la corporation des marchands de vins, organisés par les statuts de 1647.

La €. G. V. ne se borne pas à rechercher les fraudes, elle agit comme partie civile contre les fraudeurs. Les Syndicats professionnels sont, on le saît, créés pour la défense et l'étude des intérêts économiques, industriels, commerciaux et agricoles. Ils ont le droit d’ester en justice. La loi de 1884 ne contient pas de dispositions spéciales à l'égard des constitutions de partie civile. La loi du 29 juin 1907 déclarait dans son article 9, que les Syndicats, formés conformément à la loi de 1884 pour

22 Fa la défense des intérêts généraux de l’agriculture, de la viticulture ou du commerce, pouvaient exercer sur tout le territoire de la France et des Colonies, les droits reconnus à la partie civile. Il était manifeste que l'esprit de diverses lois promulguées depuis 1884 était de favoriser les actions syndicales. Mais aucun texte n'avait précisé la notion des intérêts qui sont confiés aux Syndicats et celle du préjudice dont ils sont admis à se plaindre.

Les Syndicats de la C. G. V. (1), se trouvèrent donc. pendant un certain temps, limités dans leur possibilité d'action par la jurisprudence restrictive de la Chambre Criminelle de la Cour de Cassation. Certains arrêts de la Chambre Criminelle considéraient en effet que les délits de fraude ne constituaient pas une atteinte aux intérêts directs des Syndicats Professionnels.

Cette polémique, à laquelle prit part l’initiateur de la lot de 1884, M. Waldeck-Rousseau, devait être longue. Mais dans un arrêt célèbre rendu toutes Chambres : réunies, le 5 avril 1913, la Cour de Cassation reconnaissait que le Syndicat Professionnel représente l’intérêt collectif de la profession envisagée dans son ensemble. La loi du 12 mars 1920 a reconnu plus explicitement encore aux Syndicats et aux Unions de Syn-

(1) Jusqu'à la loi du 12 mars 1920 en effet, les Syndicats pouvaient seuls agir en justice. La C. G. V., Union de Syndicats, ne possède le même droit qu’en vertu de la loi précitée.

dicats, le droit de se porter partie civile relativement aux faits portant un préjudice direct ou indirect à l’intérêt collectif de la profession qu’ils représentent.

La C. G. V. est donc la gardienne de tout ce qui touche aux intérêts des vignerons. En veillant jalousement sur l'observation de la loi, elle exerce une haute mission et sauvegarde ce qui fut l'honneur de nos anciennes corporations de métiers: « le souci de la probité professionnelle, »

M. Caupert résume éloquemment en ces termes, l’œuvre de la C. G. V.: « Aujourd’hui les vignerons apprécient tout ce que leur vaut le faisceau maintenu compact de leurs énergies disciplinées. Mais par delà

: même les intérêts privés qu’elle défend, la C. G. V. ne

cesse de rendre un service permanent à la collectivité tout entière. En faisant respecter la loi, elle en accroît la puissance et en augmente le prestige, en suscitant des initiatives nouvelles, en imposant à tous ses adhérents la pratique d’une loyauté scrupuleuse, en renforçant le sentiment des solidarités nécessaires, elle participe à l'éducation sociale de tout un peuple... File donne magnifiquement l'exemple de ce que peut le syndicalisme, lorsqu'il s’attache à construire plus qu’à détruire.

« En vérité les promotteurs de la C.G.V. ont le droit d’être fiers de leur œuvre; ils mériteront de figurer comme les premiers parmi ces ouvriers d'élite, qui avec la patience du génie s’'attachent à graver les diverses figures de nos régions naissantes sur le roc infrangible

de l'unité française ». Ainsi parle l’âme occitane d’un de nos compatriotes. Nous nous associons à ces belles pensées. L'œuvre de la C. G. V. est grandiose. Au point de vue spécial qui nous occupe, elle assure efficacement le respect des règles édictées en matière de vinification.

Les dirigeants de la C. G. V. se sont également attachés à seconder tous les efforts ayant pour but d’améliorer les procédés de culture et de vinification. Toutes : les initiatives prises dans ces ordres d'idées ont eu leur appui le plus actif.

À ce point de vue, on doit rappeler l’aide puissante que la C.G.V. a apporté à la Coopération vinicole dont nous allons maintenant retracer l'aspect le plus intéressant, en ce qui nous concerne, en décrivant le rôle des caves coopératives.

RÔLE DES SOCIETES COOPERATIVES DE VINIFICATION

Nous ne retracerons pas ici l'histoire des coopératives méridionales, mais nous exposerons simplement les résultats obtenus par elle en disant à quels besoins elles répondaient, quels vides elles sont venues combler.

Dans le Midi, en beaucoup d’endroits la vaisselle vinaire, les celliers, les caves, les foudres destinés au logement et à la manipulation des raisins et du vin sont insuffisants.

Le Docteur Cot, décrivant exactement cette situa-

tion, s'exprime ainsi : « Dans certaines régions il n’y a pas seulement insuffisance, il y a manque absolu. Certains récoltants sont aussi incapables de loger 20 hectos que 500. »

Il est clair que ce problème des excédents et non logés peut entraîner des crises périodiques pour la viticulture.

La cave coopérative présente comme premier avantage celui de supprimer les non logés et même les exédents. M. Mandeville écrivait en 191 5: & Actuellement les caves coopératives, sont au nombre de 50. Elles représentent une contenance de 560.000 hectolitres. Evidemment il reste encore fort à faire pour supprimer les non logés. Et il nous semble d’autre part que le produit de nos coopératives soit bien peu de chose, une goutte de vin, par rapport aux énormes quantités produites dans nos départements méridionaux.

N’empêche que ces milliers d’hectolitres retenus dans les caves coopératives, s'ils étaient lâchés tous à la fois sur le marché, ne manqueraient pas de rompre l’équilibre et de provoquer la baisse. Un jour viendra où pour le plus grand bien de la viticulture entière et grâce à l'effort coopératif le cauchemar des non logés hanté par l’inévitable fantôme de la baisse, ne flottera plus lourdement sur les marchés des vins méridionaux. »» (1)

(@) MANDEVILLE DE RECISMONT. — Les Coopératives de Vinification. Edition Sirey (Paris 1915, page 63).

C'est un fait constaté par tous que malgré les progrès réalisés ces dernières années presque tout ce qui est nécessaire pour réussir la vinification manque au petit paysan traitant seul sa vendange.

M. Bouffard disait: «La vinification tend à devenir une industrie véritable guidée par la science ». La vinification exige des connaissances scientifiques, le vin doit être surveillé sans cesse avec compétence et l’on ne peut s’improviser œnologue. Le paysan, tout occupé à sa culture manque souvent des connaissances suffsantes. Mais dans maintes occasions connaîtrait--il les procédés modernes qu'il ne pourrait les mettre en œuvre faute de moyens, de locaux et d'argent. Ici encore la Coopérative va relever la faiblesse de l'individu isolé.

Les vignerons d’une commune peuvent se réunir en une société, mettre en commun leurs vendanges, constituer un petit capital, faire appel au crédit, ils pourront posséder une cave moderne pourvue d’un outillage mécanique qui les mettra dans les mêmes conditions techniques que le propriétaire des grands domaines. Ils auront comme maître de chai un homme averti et au courant des secrets de l’œnologie, ils pourront ainsi produire des vins irréprochables.

C'est ainsi que les Coopératives ont donné des résultats très satisfaisants au point de vue rendement. M. Gavoty, président de la coopérative de Flassans, dans le Var, signalait en 1013 que sa Coopérative donnait un rendement supérieur de 5 °/° à la moyenne du pays. Cela n'est point étonnant car les outillages mis

pol ke à

en œuvre, pressoirs mécaniques, machines électriques, pompes puissantes, presses continues ou hydrauliques, hors de portée pour les petits paysans isolés, sont au contraire facilement installés dans les grandes caves coopératives.

Les Coopératives ne se sont pas seulement assimilé les ressources déjà acquises, elles ont donné une impulsion précieuse au Progrès de la technique vinicole. La Coopérative permet d'essayer et de mettre à l'épreuve des méthodes nouvelles, comme par exemple la diffusion qui est pratiquée avec succès dans nombre de grandes Coopératives méridionales. Les noirs ou rouges peuvent être vinifiés en blanc, ce que jamais n’aurait pu faire le petit vigneron. Avec la Coopérative le raisin rend tout son jus, le vin blanc ou rouge est fait dans d'excellentes conditions, les déchets de conservation sont faibles et, dans la mesure du possible, rien ne se perd. Les sous--produits sont fructueusement utilisés.

En résumé la Coopérative permet de réaliser au point de vue de la vinification ce quadruple résultat: produire des vins de bonne qualité, obtenir un rendement maximum, diminuer la main-d'œuvre vinicole, produire à moins de frais.

Enfin, sans entrer dans les détails, notons qu’au point de vue de la vente, la Coopérative offre aux vignerons des avantages incontestés. Des formules assez variées ont été adoptées, à cet égard, par les diverses coopératives: nous rappellerons seulement le système

de l’école de Massillargues qui laisse le vigneron libre de vendre à son gré la part de vin qui lui échoit. Le bureau de la Coopérative transmet simplement les offres des acheteurs. C’est ce système qui nous paraît de tous le plus habile car il respecte ainsi l’individualité de chaque coopérateur et met la Coopérative à l’abri de tout aléa commercial.

Tel est le rôle bienfaisant des Coopératives de vinification. Elles permettent aux vignerons de faire leur vin et de le vendre dans des conditions meilleures que ne le peuvent faire les viticulteurs isolés.

Les vignerons du Midi créent des Coopératives quand cela est utile et nécessaire au Progrès Social; leur objectif bien défini est de triompher des difficultés de toute nature qui sont attachées à leur profession, difficultés financières, économiques et techniques. Leur but est simple et pratique; c’est ce qui fait leur puissance actuelle et assure leur avenir.

Au mois de Mars 1922, M. Elie Ravel, Président de la Fédération Méridionale des Caves Coopératives de Vinification, terminait son rapport, présenté la Semaine du vin, en demandant un effort important de propagande en faveur de la coopération vinicole. Il réclamait la création d’une coopérative de construction de caves coopératives. Enfin il sollicitait les encouragements financiers de l'Etat pour assurer le développement de l'institution qui doit & aider efficacement au relèvement économique du pays. »

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