‹ Essai sur le regne de l'empereur DomitienChapitre 14 sur 72 · GUERRES SUR LE RHIN · texte numérisé non relu

GUERRES SUR LE RHIN

Du côté du Rhin et du Danube , Domitien fit des guerres importantes et les dirigea lui-même (1). Il eut plusieurs raisons pour les entreprendre. Sur plusieurs points, les barbares menaçaient les frontières : il fallait les rendre incapables d'attaquer Tempire , et rendre ainsi la tranquillité aux provinces. Depuis la ruine de Jérusalem et la révolte de Civilis , les armées romaines n'avaient pas eu , sauf en Bretagne , de guerres importantes à soutenir : il semblait utile de ranimer l'esprit militaire des troupes par des campagnes sérieuses. Voulant amoindrir la puissance politique du Sénat, Domitien sentait le besoin de se faire aimer des soldats par le prestige de grandes victoires. Avide d'honneurs, toujours éloigné des camps avant son règne, il ne voulait pas que la gloire militaire lui manquât ; enfin , il était peut-être jaloux des succès d*Agricola.

Sur le Rhin, Rome, depuis le désastre de Yarus, ou tout au moins depuis Tibère , avait renoncé à la conquête de la Germanie (2). Les légions échelonnées le long de la rive gauche du fleuve se bornaient à surveiller les barbares.

Au début du règne de Domitien , elles semblent avoir été au nombre de huit. C'étaient (3) :

Dans la Germanie Inférieure.

\^ La X Gemina. Elle avait été appelée d'Espagne en Germanie Inférieure contre Civilis (4) et, au commencement du règne de Trajan, elle s'y trouvait encore (5). On a découvert à Noviomagus

(1) Sur ces gnerres, voir en particulier deux articles d*Asbach : Die Kaiser Domitian und Traj&n am Rhein, dans la Westdeutsche Zeitschrift fur Geschichte und Kunst^ III, 1884, p. 1 et suiv.; et Die Kriege der flavUchen Kaiser an der Nordgrenze des ReicheSj dans les Bonnische Jahrbûc/ier, LXXXI, 1886, p. 26 et suiv. — Roth, Schweizeriches Muséum^ II, 1838, p. 30 et suiv. — Rossler, Das vorrômische Dacten, dans les Sitzungsberichte der Akademie der Wissenschaflen, Wien, XLV, 1864, p. 337 et suiv. — Mommsen, Rômische Geschichte, V, p. 136, 200 et suiv. — Zwanziger, Der Chattenhrieg des Kaisers Domitian^ Wurzbourg, 1885.

(2) Voir, en particulier. Tacite, Annales, XI, 19 et 20 pour la Germanie Inférieure. — Mommsen, R, G., V, p. 115.

(3) Sur les légions du Rhin à l'époque de Domitien , voir en particulier Touvrage de Hitterling, De legione Romanorum X Gemina (1885j.

(4) Tacite, Histoires, V, 19 et 20.

(5) Ritterling, p. 40 et suiv. Elle fut ensuite envoyée sur le Danabe, oii

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(Nimëgue) de nombreux monaments et briques attestant que sou camp permanent était eu cet endroit (1).

2* La VI Victrix. Comme la précédente, elle fut appelée en Germanie Inférieure contre Civilis (2). Elle s*y trouvait au début du règne de Trajan (3), et elle y resta jusqu'à Tépoque d*Hadrien. Son camp sous les Flaviens semble avoir été à Novesium (Neuss) (4).

3"* La XXI Rapax. Après la mort de Néron, elle était à Yindo* nissa eu Germanie Supérieure (5). Elle fut aussi envoyée contre Civilis (6). C'est à partir de cette époque que se place son second séjour en Germanie Inférieure (au début du règne de Tibère elle y était déjà) (7). Son camp était à Bonn (8).

\^ A ces trois légions , il convient probablement d'ajouter la XXII Primigenia. Elle a certainement fait partie de Tarmée de la Germanie Inférieure, où elle a laissé de nombreuses traces de son séjojir (9). On sait qu'elle y était quelques années après l'an 100 (10), quoique depuis peu, car en 97 elle se trouvait en Germanie Supérieure (il). Cependant il y a de sérieuses raisons de croire que ce fut là sou second séjour en Germanie Inférieure et que le premier eut lieu à Tépoque Flavienne, avant Tannée 89. Nous verrons plus loin ( 1 2) qu'elle reçut les surnoms de Pia Fidelis, probablement en 89, en même temps que la YI Victrix et la X Gemina qui faisaient certainement partie à cette époque de Tarmée do Germanie Inférieure. De plus, sur deux briques trouvées sur le territoire de la Germanie InférieurOy en Hollande, elle est qualifiée de leg(io) XXII Pr(ifnigenia) P(ia) F{idelts) D ou Do (13), c'est-à-dire, comme l'a supposé M. Ritterling (14),

elle semble avoir eu d*abord son camp à Aquincum (von Domaszewski, Rheinisches Muséum, XLVI, 1891, p. 604).

(I) Ritterling, p. 43.

P) Tacite, Histoires, IV, 68; V, 14 et 16.

(3) Brambach, Corpus inscriptionum A/ienanarum, n*' 660, 662, 680.

(4) Ritterling, p. 69.

(5) Tacite, Histoires, IV, 70 ; cf. I, 61 et I, 67.

(6) Tacite, Histoires , IV, 68. •

(7) Tacite, Annales^ 1, 31; cf. Ritterling, p. 70.

(8) Ritterling , ibid.

(8) Ritterling, p. 68.

(10) Brambach, n* 660.

(II) C. /. L., III, 550 comparé avec Spartien, Vie d'Hadrien, 2.

(12) Chapitre VII.

(13) Brambach, n* 140 d, 3 et 4.

(14) Ritterling, p. 15.

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IDEUXIËME PARTIE.

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