IJ V. 19, 3; VI, 4, 2; VI. 4, 2; VI
(3) Voir plus loin, chapitre VII.
(4) Stace. I, 6.
(5) Kcrckboff (Duae quaestiones Papintanae, p. 12 et suiv.), indique sans raison plausible Tannée 83. Friodlânder {Sittengeschichtef III, p. 476 et édition de Martial à V, 49) se prononce pour Tannée 88, parce qu'il croit à tort que le livre V de Martial, oii la même fête est mentionnée, fut édité dans l'automne de 89. — Les autres Silves du même livre furent composées : la première , peu après les deux triomphes (voir p. 104 , n. 2) ; la seconde , avant le milieu de Tannée 90 (cf. Marlfial, VI, 21 ; le livre VI de Martial fut édité à cette époque, voir Friedlânder, édit., p. 57) et après les triomphes (voir le vers 180); la quatrième, après Tété de 88, pendant lequel furent célébrés les jeux séculaires (vers 17 et 96) et très probablement en 89, car Stace y mentionne comme un événement récent l'expédition du Domitien contre les Daces (vers 91 et suiv.), qui eut lieu à cette époque (voir plus loin, aux Guerres du D&nube); la cinquième, avant 90 (cf. vers 65, et Martial, VI, 83; voir aussi plus haut, p. 71, n. 1). Pour la troisième, il n'est pas possible de fixer une date.
(6) C'est aussi l'avis de Frledlânder, édition de Martial, ad locum.
(8) Date de la publication du livre IV : voir Friedl&nder, édition, p. 55.
(9) Date de la publication du livre VI : voir note 5.
Sed lege ftiinoto non aspernanda deoembri cannina mitiuntur qaae tibi m«o«e tno.
Mention des Saturnales : épigr. 18, 59, 84.
200 ESSAI SUR LE RÈGNE DE l'bMPEREUR DOMITIBN.
Le poète ne s'exprimerait pas de la sorte si , à Tépoque où fut écrit ce vers, Domitien n'avait célébré qu'un seul triomphe, celui de 83. De plus, le livre V contient la mention de grandes fêtes destinées très probablement à célébrer ces deux triomphes (1). Enfin Domitien était certainement de retour en Italie quand le livre fut publié (2).
Remarqupns, d'autre part, que Dion Cassius parle ainsi dos fêtes qui suivirent le triomphe sur les Daces : « Domitien offrit au peuple un banquet qui dura toute la nuit. Souvent aussi, il donnait des combats de nuit, et parfois il mettait aux prises des nains et des femmes (3). » Ce passage rappelle fort la Silve de Stace (combat de nains et de femmes (4); fêtes qui eurent lieu la nuit, illuminations, festin) (5).
On peut donc admettre que la fête du l** décembre, décrite par Stace, fit partie des réjouissances qui suivirent les deux triomphes. Il en résulte que ces deux triomphes eurent lieu au mois de novembre 89. — Cette conclusion montre l'exactitude de la date que leur assigne Eusèbe : l'année 2106, qui commença le l*"- octobre 89 et finit le 30 septembre 90 (6).
Ce fut peut-être après 89 que Chariomère, roi des Chérusques, se vit dépouillé par les Cattes de sa couronne, à cause de sou amitié avec les Romains. Il revint bientôt avec un certain nombre de compagnons et fut vainqueur, mais ses fidèles l'abandonnèrent parce qu'il avait envoyé des otages à Domitien. Il implora alors ce prince. Au lieu de troupes, il reçut de l'argent (7) et dut succomber. Les Cattes asservirent les Chérusques auxquels une longue paix avait fait perdre toute vertu guerrière. Les Poses, nation voisine, subirent le même sort (8).
Ces faits indiquent la puissance qu'avaient conservée les
(1) V, 65, chasses splendides qui durèrent plusieurs jours. Cf. V, 31.
(2) Voir V, 1.
(4) Vers 51 et suiv.
(5) Vers 65 et suiv.; préface du livre L
(6) Voir plus haut, p. 198, n. 3,
(7) Dion Cassius, LXVII, 5. Nous ignorons la date de ces événements qui sont rapportés dans un fragment isolé de Dion.
(8) Tacite, Germanie ^ 36. — Les rapports de Dion Cassius et do Tacite sont tout à fait indépendants l'un do l'autre. Cependant rien n'ompéche d'admettre que révéncment rapporté par Tacite ait été la conséquence de la défaite do Chariomère. — Les Poses semblent avoir habité les bords do la Fuhso, rivière se jetant dans l'Aller à Colle (voir Forbiger, Handbuch der alten Géographie von Europa, 2* édit., p. 288).
Cattes (1), et prouvent que Domiticn avait voulu seulement écarter les périls qui menaçaient Tempire, et non pénétrer en maître dans la Germanie pour en régie;* les aflFaires intérieures. Il suivait la politique traditionnelle de Rome : laisser les Germains se déchirer entre eux. — Cette conduite était prudente. Pour abattre les Cattes , il aurait fallu une guerre longue et pénible qui aurait mécontenté Tarmée ; au fond de leurs forêts , un nouveau désastre de Varus était à craindre ; enfin la conquête d'un pays sans frontières naturelles, habité par un peuple fier et belliqueux, eût nécessité une augmentation de troupes et de dépenses, et causé à l'empire des alarmes sans fin. La politique de Rome, à regard des Cattes, devait être défensive (2) : il était seulement nécessaire de les éloigner des frontières. Ce but fut atteint par Domitien, dontTrajan compléta Tœuvre à cet égard (3). Jusqu'au i^ègne de Caracalla , on n'a plus de guerres à signaler contre les Cattes (4); l'armée de la Germanie Supérieure put être diminuée. Il est possible que, dès le règne de Domitien , après la guerre de 89 , doux légions , la XIV Gemina et la XXI Rapax , aient quitté les bords du Rhin pour aller sur le Danube, et que l'armée de cette province ait été comme celle de la Germanie Inférieure réduite à trois légions (5). Au second siècle , elle n'en compta plus que deux (6). Ce fut seulement au troisième siècle que la faiblesse générale de l'empire, la décadence des armées, des troubles intérieurs en Germanie, poussèrent de nouveau les Barbares à passer les frontières romaines , et amenèrent la perte de la rive droite du Rhin (7). — On peut donc dire que, de ce côté, Domitien fut habile et heureux.
(1) Tacite dit des Germains {Germ. , 37) : c Proximis temporibus triumphati magis qnam victi sunt. » C'est une allusion aux deux triomphes de Domitien sur les Cattes.
(2) Ce fut l'opinion de Tacite (voir Germanie, 33 fin).
(3) Voir de la Berge, Trajan, p. 23 et suiv. Mommsen, Rômiache Ge- 8chichte,y, p. 139. Asbach» Westdeutsche ZeitschrifU Uh 1884, p. 11 et suiv. Zangemeistor, t&td., p. 237 et suiv. .
(4) Cependant, sous Marc-Auréle, les Cattes menacèrent la Germanie Supérieure et la Rbétie. Voir Capitolin, Vie de Marc-Aurèle^ 8.
(5) La XXII Primigenia. de l'armée de Germanie Inférieure, semble avoir alors remplacé à Mayence la XIV Gemina et la XXI Rapax. Voir cbap. VII.
(6) La VIII Augusta et la XXII Primigenia (C. /. L., VI, 3492). Ce fut, semble-t-il, dès Trajan que la XI Claudia quitta la province (voir plus haut p. 178).
(7) Voir Mommsen, Rôm, Geschichle^ V, p. 147 et suiv.
202 BSSAI SDR LE RÈGNE DE L*BMPBRBUR DOMITIBN.