‹ Essai sur le regne de l'empereur DomitienChapitre 20 sur 72 · VII. 5; VII, 6; VII, 7; VII · texte numérisé non relu

VII. 5; VII, 6; VII, 7; VII

(6) Voir surtout VIII, 15.

(7) Agr., 41. — Tacite exagère moins quand il dit, au début des Histoires (1,2); fl coortae in nos Sarmatorum ac Suovorum {pentes; nobilitatus cladibus inutuis Dacus. »

<8) Voir Àmmien Marcellin, XXIV, 3, 9.

230 B88AI 8UR LB RÈGNE DE l'BMPBRBUR DOMITIEN.

lors de la mort de Nervâ en 98, il se rendit sur le Danube (1). Pline le Jeune, au mois de septembre de Tannée 100, appela de ses vœux cette guerre nécessaire à la sécurité de l'empire (2). Dans une première expédition (101-102), Trajan vainquit complètement Décébale (3). Les trophées pris autrefois sur Cornélius Fuscus furent enlevés aux Daces ; Tempire cessa de payer ces barbares (4); Décébale dut rendre les armes, les machines, les ouvriers qu'il avait reçus sous Domitien, ne plus prendre de Romains à son service, détruire ses forteresses, abandonner les conquêtes qu'il avait faites en dehors de la Dacie, renoncer à ses alliances (5). Dans une seconde guerre (105-106), la Dacie fut conquise (6). Quant aux Marcomans et aux Quades, il fallut faire une expédition contre eux sous Nerva (7), expédition qui les décida sans doute à reconnaître de nouveau la suprématie de Rome (8). Au deuxième siècle, dix légions (douze à partir de Marc^Aurèle), établies sur le Danube, surveillèrent, de ce côté, la frontière (9).

Domitien eut le tort de ne pas consacrer à l'augmentation du nombre des légions l'argent qu'il dépensa à des prodigalités peu utiles; au contraire, il diminua pendant quelque temps, nous l'avons vu, Tefifectif des troupes (10). De plus, il affaiblit la discipline par l'antagonisme que sa politique suscita entre les soldais et leurs chefs; ses soupçons, à l'égard des généraux, entravèrent leur liberté d'action contre les ennemis (11). Mais on doit recon-

(1) Pline, P&nég., 12, 16.

(2) Pline, Panég., 16 et 17.

(3) Voir de La Berge, Trajan^ p. 38 et suiv.

(4) Au commencement de son règne, Trajan payait encore cette sorte de tribut (Dion Cassius, LXVIII, 6).

(5) Dion Cassius» LXVIII, 9.

(6) De la Berge, Trajan, p. 48 et suiv.

(7) Voir Mommson, Vie de Pline, traduction Morel, p. 91.

(8) Tacite dit dans la Germanie (42) , au sujet dos rois des Marcomans et des Quades : « Vis et potentia regibus ex auctoritate Romana; raro armis nostris, saepe pecunia juvantur. u II n'aurait pas écrit cette phrase si, en 98, les Marcomans et les Quades avaient été en guerre avec les Romains.

(9) Voir les colonnettes légionnaires : C. /, L., VI, 3492.

(10) Voir p. 157.

(11) Pline, Letti^eSf VIII, 14, 7 : « in castris... suspecta virtus, inertia in protio »; Panég., 18 [l'orateur parle de Trajan] : a Quippe non is princeps qui sibi immincrc, sibi intcndi putct quod in hostcs paretur; quao persuasio fuit illorum qui, hostilia cuni facerciU, timobant. lidem ergo torpere militaria studia, nec animes modo sed cl curpora langucsccre, gladios etiam in* curia hobetari rctundique gaudebant. Duces porro nostri non tam regum

naître qu'il se trouva en face de difficultés exceptionnelles. Il eut à combattre un homme de génie; il se vit attaqué par tous les peuples établis sur la rive droite du Danube, depuis la Bohême jusqu'aux embouchures du fleuve. Les forces auxquelles Vespasien avait confié la défense de cette frontière de l'empire étaient insuffisantes. Depuis longtemps, elles n'avaient pas fait de campagnes sérieuses ; elles furent, à plusieurs reprises, commandées par des généraux incapables et peu dévoués à l'empereur (1). Domitien ne put les augmenter que peu à peu avec des troupes appelées d'Espagne, de Bretagne, où Agricola fit jusqu'à la fin de l'année 83 une guerre inopportune, et de Germanie, où. les Romains durent combattre les Cattes. Ce fut à cette époque que la II Adjutrix vint sur le Danube (2). Nous avons vu plus haut qu'il en fut probablement de même la XXI Rapax (3). A ces deux légions, il faut peut-être ajouter la XIIII Gemina et la I Adjutrix. La XIIII Gemina quitta vraisemblablement Mayence après la révolte d'Antonius pour aller en Pannonie (4). Quant à la I Adjutrix, elle semble avoir quitté l'Espagne lors de cette révolte (5) et n'y être pas retournée : sous Nerva, nous la trouvons sur le Danube (6). Des troupes auxiliaires furent aussi appelées sur cette frontière (7). Mais ces mesures ne furent pas suffisantes. Domitien lui-même, par suite de la méfiance que Vespasien et Titus lui avaient témoignée, n'avait aucune expérience militaire. Enfin^ il dut détourner son attention du Danube en 88, pour étouffer la

exteronim quam suorum principum insidias , nec tam hostinm quam cornmilitonum manus forrumque metuebant. » — Cf. Dion, LXVII, 6.

(1) Tacite, Agricola, 41 : « Tôt exercitus... temeritate aut per ignaviam ducum amissi. » L'historien parle un' peu plus loin do Vinertia et formido des généraux de cette époque.

(2) Voir plus haut, p. 172, n. 4 et p. 212, n. 6.

(3) Voir p. 225.

(4) Voir chapitre VII.

(5) Voir même chapitre.

(6) Voir p. 179.

(7) Pour l'aile Claudia Nova et les cohortes III Gallorum et V Hispanorum, voir plus haut, p. 208, n. 1. — • L'aile I Singularium qui, en 90, était en Germanie Supérieure {Ephem epipr., V, p. 653), se trouvait, en 107, en Rbétie (C. /. L., III, p. 867) ; elle y fut peut-être envoyée parDomitien. Les cohortes I et II Batavorum miliariae qui, en 98, se trouvaient en Pannonie (C. /. L., III, p. 862), semblent avoir fait auparavant partie de l'armée de Bretagne (Tacite, A<jr. , 30;. Cette observation s'applique aussi à la cohorte III Batavorum iniliaria qui, en 107, était en Rhclic (C. /. L., III, p. 867). Pour la cohorte I Lepidiana civium Eomanorum, voir, plus haut, p. 216.

232 BSSAI SUR LB RË(}NB DB L^BBCPERBUR DOVITIBN.

révolte d'Antonius Saturninus, soutenue en secret à Rome par une partie de l'aristocratie et appuyée par les Germains (1).

DOBirnSN BT LBS PARTHBS. — flDBRRB BN AFRIQUB.

Nous ne savons pas s'il y eut de sérieuses hostilités en Orient SOUS le règne de Domitien (2). Depuis Tannée 63, les Parthes avaient été les alliés de Néron et T Arménie était devenue un pays vassal de Tempire , sous la domination de princes arsacides (3). Ces bonnes relations, qui continuèrent au début du règne de Yespasien (4), furent bientôt compromises. Vespasien refusa d'envoyer à Vologèse , malgré les prières de ce roi , des secours contre les AIains(5); Vologèse, de son côté, affecta de ne pas donner à Vespasien le titre d'empereur (6). En 72, le roi de Commagène fut accusé de vouloir trahir Rome avec l'aide des Parthes et perdit sa couronne (7). La Cappadoco, jusque-là gouvernée par un procurateur, devint une province Impériale, dans laquelle fut envoyé un légat consulaire avec au moins deux légions (8). Dans le pays des Ibères (entre le Caucase et l'Arménie), une forteresse fut construite, en 75, par les Romains, peutêtre à la fois contre les Alains et contre les Parthes (9). L'Arménie même semble avoir été pendant quelque temps occupée militairement (fO). Surl'Euphrate, ily eut sans doute des hostilités assez sérieuses : M. Ulpius Trajanus, gouverneur de Syrie en 76,

(1) Voir chapitre VII.

(2) Nous ignorons pourquoi , le 9 juin 83 {Ephem, epigr. , V, p. 612), les soldats des troupes auxiliaires d'Egypte, qui avaient atteint ou dépassé leurs vingt-cinq années de service , ne reçurent pas leur congé en mémo temps que le droit do cité.

(3) Voir Mommson, RÔmische Geschichte^ V, p. 392; von Qutschmid, Geschichte Ir&ns, p. 132-133.

(4) Tacite, Hist,^ II, 82; IV, 51. Suétone, Vespasien, 6. Joséphe, Guerre de Judée, VII, 5, 2.

(5) Dion Gassius, LXVI, 15. Suétone, Domitien^ 2.

(6) Dion, LXVI. 11.

(7) Joséphe, Guerre de Judée^ VII, 7, 1. Marquardt, Staatsverw&ltung, I, 2- édit., p. 399.

(8) Suétone, Vespasien^ 8. Joscphc, VII, 1, 3. Marquardt, I, p. 367. Gt. pins haut, p. 159, n. 1.

(9) Journal asiatique, série VI, t. xiir, 1869, p. 96.

(10) Stace, Silves, I, 4, 79 :

[Rutilium Gallicum limuit] Armenia et patioDS Latii jam ponti» Aînées.

Voir Mommscn, RÔmische Geschichie, V, p. 396, n. 2.

flDBRRBS. 233

reçut les insignes triomphaui pour des succès remportés contre les Parthes (1). Sous Titus, le roi Artabane lY accueillit dans son royaume Terentius Maximus qui se faisait passer pour Néron (2).

A l'époque de Domitien , les Parthes restèrent mal disposés pour l'empire. Ils se montrèrent favorables au faux Néron , qui parut vers 88 (3). Il est possible que leur roi Pacorus II (4) ait entretenu, dès cette époque, des relations avec Décébale (5). La porte Caspienne, important passage stratégique au nord du pays des Ibères, fut peut-être alors gardée par des troupes pour empêcher une invasion des Alains (6).

Au début du règne, la Cappadoce et la Galatio, qui ne formaient auparavant qu'une seule province, avaient été séparées et placées l'une et l'autre sous un légat prétorien ; dans les derniers temps de Domitien, elles furent de nouveau réunies et gouvernées par un légat consulaire qui dut disposer d'au moins deux légions (7).

A Rome, on s'inquiétait beaucoup de Pacorus (8). On désirait une guerre en Orient, guerre qui eût vengé complètement Grassus, ouvert aux négociants les routes les plus directes vers l'Inde, effacé la gloire d'Alexandre (li). Stace prévoyait cette guerre.

(1; Voir Waddington, Fastes des provinces asiatiques^ n* 100.

(2) Voir plus haut, p. loi.

(3) Voir ibidem. — Peut-être y eut-il alors de réelles hostilités entre les Romains et los Parthes. Quelques mots de Stace sembleraient l'indiquer : le poète parle d'heureuses nouvelles militaires venues du bord de l'Euphrate {Silves^ V, 1, 89); cf. IV, 3, 110 : c Eoae citius venite laurus. »

(4) Pacorus semble avoir régné fort longtemps, peut-être de 78 à 110; voir von Gutschraid. Geschichte /rans, p. 137 et 140.

(5) Pline (Correspondance avec Trajan, 74) nous apprend qu'un certain Callidromus, fait prisonnier par les Daccs, avait été envoyé en présent par Décébale à Pacorus qui retint cet homme pendant plusieurs années.

(6) Stace disait à Vitorius Marcellus, en passe de devenir légat de légion {Situes, IV, 4, 61) :

Forsitan AosoniaB ibis frenare cohortes...

aat Histrum •ervare latus metuendaque portao limina Caspiacae.

(7) Voir p. 138, n. 2.

(8) Martial (IX, 35, 3 vers publiés on 94), dit à un nouvelliste :

ScIb quid in Arsacia Pacoros deliberet aula.

Il disait vers Tannée 92, à Maecius Geler, nommé légat d'une légion de Syrie {Silves, III, 2, 136) :

Tu [rerertus narrabis] rapidam Euphratom et regia Bactra saorasque antiquae Babylonis opes et Zeagma, Latiaae pacis lier.

(9) Voir do la Berge, Trajan^ p. 149 et suiv.

234 BSSAI SUR liB RÈGNE DE L*BMPBRBUR DOMITIBK.

Il faisait dire à la Sibylle, parlant à Domitien (1) : « L'Ourse glacée obéit déjà à tes lois; maintenant TOrient va te donner de grands triomphes, tu iras jusqu'où sont allés le vagabond Hercule et Bacchus. » Dans Silius Italicus (2), Jupiter prophétise qu'un jour les guerriers du Gange mettront aux pieds de Domitien leurs arcs devenus inofifensifs, que les Bactriens lui montreront leurs carquois vides, qu'après avoir vaincu les régions de rOurse, il traversera la ville sur un char de triomphe, vainqueur de rOrient comme autrefois Bacchus, qui fut moins grand que lui (3). C'était contre ces espérances que Tacite protestait, en 98, dans la Germanie (4) : « La liberté des Germains est plus redoutable que la monarchie des Arsacidos. Que pouvons-nous, en effet, reprocher aux Parthes si ce n'est Crassus massacré. Maïs Pacorus périt à son tour, et Ventidius mit l'Orient sous ses pieds. »

Domitien partageait-il les ambitions de beaucoup de Romains? Songeait-il, vers la fin de sa vie, à entreprendre une expédition contre les Parthes? Nous Tignorons. Ce futTrajan, provoqué d'ailleurs par le roi Osroès, qui fit cette guerre.

En Afrique, il y eut, sous Domitien, une expédition contre les Nasamons, qui habitaient au sud de la Grande Syrte (5). Zonaras raconte, d'après Dion Cassius (6), que ces Barbares, tributaires des Romains, se soulevèrent parce qu'ils étaient pressurés outre mesure (7). Ils tuèrent les collecteur du tribut , et quand

(1) Silves, IV, 3, 153 et suiv. (vers écrits en 95).

(2) Puniques^ III, 612 et suiv. (ces vers furent écrits après 92, car, dans le même passage , le poète fait allusion à la guerre suévo-sarmatiquo).

(3) Voir encore Stace, Silves, IV, 1, 39 et suiv. (vers écrits en 95) :

Mille trophaea fares, t&atum permitte triumphoa ! Restai Bactra novis, restai Babylona iributia frenari : nondum la gremio Jovis Indica laorne, nondum Arabes, Seresque roffani.

Si l'Apocalypse de saint Jean a été écrite , comme le veut la tradition, à la fin du règne de Domitien, on pourrait y voir une trace des craintes que l'attitude menaçante des Parthes inspirait au monde romain (i4pooaI., IX, 14 et suiv.).

(4) Chapitre XXXVII.

(5) Hérodote les y indique déjà (II, 32; IV, 172).

(6) XI, 19, p. 500, édition Pindcr. — Il n*y a pas lieu de tenir compte d'un passage do Dion Cassius (LXVII, 5) sur le roi Masyos : ce personnage était roi des Seninons (voir plus haul, p. "i". i) et non des Nasamons, comme on l'a cru, en corrigeant à tort le texte.

(7) Cela est possible, mais on ne doit pas oublier que ces Nasamons

GUBRRBS. 235

le légat de Nnmidie Flaccus (1) vient les attaquer, ils le battirent si bien , qu'ils purent s'emparer du camp romain et le piller. Y ayant trouvé des vivres et du vin , ils en prirent à satiété et s'endormiront. Flaccus en fut informé, tomba sur eux et les tua tous , même ceux qui ne portaient pas les armes. La victoire de Flaccus eut lieu probablement à la fin de 85 ou en 86 (2), et dut valoir à Domitien une des nombreuses salutations impériales qu'il prit à cette époque (3). Il aurait dit au Sénat, selon Zonaras : « J'ai empêché les Nasamons d'exister (4). » Quarante ans plus tard, un versificateur parlait « du pays désert des Nasamons, contempteurs de Jupiter , dont la race avait été exterminée par la lance ausonienne (5). » Il semble cependant que ce peuple ait continué à exister, mais quïl ait été refoulé plus au sud dans l'intérieur des terres : Ptolémée et Pausanias en parlent (6).

étaient des pillards que les Romains avaient déjà dû punir (voir Lucain, Pharsale, IX, 438 et suiv. ; Silius Italiens, Puniques^ I, 40etsuiv.; scoliaste de Denys le Périégète, dans les Geographi graeci minores^ édit. MûUer, II, p. 440; Eustathe, Commentaires à Denys le Périégète^ ibid., p. 253; Joséphe, De bello Judaico, II, 14, p. 120 de l'édition Dindorf).

(1) Zonaras dit simplement Flaccus. Dans le premier nundinum de 87, les Actes des Arvales (C. /. L. , VI , 2065) indiquent comme suffect de l'empereur G. Calpu..., c'est-à-dire, sans aucun doute, Calpumius. M. Asbach {Donnische Jahrbùcher^ LXXÎX, 1885, p. 121) voit dans ce personnage Calpumius Flaccus. ami de Pline le Jeune {LettreSy V, 2), et fait observer qu'il était naturel de récompenfer Flaccus de sa victoire récente en lui conférant le consulat. Mais ces rapprochements sont loin de s'imposer. Rien ne prouve, en somme, que le C. Calpurnius, consul en 87, s'appelât Flaccus. On peut penser à Calpurnius Crassus qui conspira contre Nerva et Trajan (Stevenson, Bullettino deW Instituto y 1885, p. 23-24) ou à un Calpurnius Piso.

(2) Eusèbe, édition Schône, p. 160, 161 : «t Nasamones et Daci bellum cum Romanis commiserunt et concisi sunt, » à l'année 2101 (!*' oct. 84-30 septembre 85) ou à l'année 2102 (1" oct. 85-30 sept. 86). Mais l'année 2102 semble devoir être préférée; voir plus haut, p. 211 et suiv.

(3) Les salutations X-XIV; voir Chambalu, De magistratibus Flaviorum, p. 25-26. Cf. plus haut, p. 211, n. 1, 5 et 6.

(4) Cf. Aelius Aristide, Lettre sur Smyrney I, p. 765, édition Dindorf. Il parle d'un empereur qui aurait dit, en jouant aux dés, qu'il ne voulait plus que les Nasamons existassent : pour lui obéir, on massacra ce peuple.

(5) Denys le Periégéte, Description du monde ^ vers 208 et suiv., édition MùUer, Geographi graeci minores, II, p. 112 ;

àvSpcôv àOpiQffeKx; àTCoçOtixévcov Nao-aitciûvcov, oOc Ai6; oOx àXéyovTa; àTCCdXeaev AOoovî; alx|J^^> Denys écrivait sous Hadrien (voir Lcuo, Philologus^ XLII, 1883, p. 175 et s.).

(6) Ptolémée, IV, 5, 21 et 30. Pausanias, I, 33, 5. Cf. Vivien de Saint- Martin, Le Nord de l'Afrique dans l'antiquité, p. 47-48.

C'est peut-Stre sous Domitien que se place une expédition militaire très importante dans le cœur de l'Afrique. On lit dans Ptolémée (1) : « Au sujet de la route qui conduit de Garama chez les Ethiopiens, voici ce que dit MarinusdeTyr : Septimius Flaccus, venu de la Libye avec des troupes (2), est arrivé chez les Ethiopiens, en partant du pays des Garamantes et en faisant une route de trois mois vers le sud. Quant à Julius Maternus, venu de Leptis Magna, il partit de Garama avec le roi des Garamantes et se rendit chez les- Ethiopiens en marchant toujours vers le sud. . Au bout de quatre mois, il arriva au pays des Ethiopiens, appelé Agisymba, où les rhinocéros se rencontrent. » Garama répond à Djerma qui se trouve à trois journées au nord-ouest de Mourzouk (3). Quant à cette contrée d*Agisymba, elle est bien difficile à déterminer : peut-être s'agit-il de l'oasis d'Asbèn (Agadès), comme Ta pensé M. Vivien de Saint-Marlin (4). — Marinus de Tyr écrivait vers le commencement du second siècle. D'autre part, Pline l'Ancien, qui a parlé en détail de la campagne de Cornélius Balbus contre les Garamantes, ne dit rien de ces expéditions au sud du Fezzan, bien plus étonnantes encore. Il y a donc quelque raison de croire qu'elles sont postérieures à la publication de VHistoire naturelle'(en 77). Elles supposent la soumission du pays des Garamantes. En 69, les habitants d'Oea, en querelle avec ceux de Leptis Magna , appelèrent à leur aide les Garamantes, « nation indomptée, dit Ta(^te, et habituée au brigandage. » I^ légat de l'armée d'Afrique, Valerius Festus, les mit en fuite et leur reprit leur butin. Ces détails nous sont donnés par Tacite (5) ; nous apprenons d'autre part de Pline qu'à la suite de ces événements , les Romains firent une campagne dans le pays des Garamantes (6). Les expéditions dont parle Marinus de Tyr et qui ont eu pour point de départ Garama semblent donc avoir été faites à une époque postérieure — Quelques savants (7)

(2) c ix Tijc At^uvK (TcpaTCuadiiievov. » Ce dernier mot indique qu'il ne 8*agit pas simplement d'un marchand romain.

(3) Voir Duveyrier, Les Touareg du Nordy p. 276. Cf. Bartb, Travels and diecoveries in north &nd central Africa^ î, p. 156.

(4) Le Nord de l'Afrique dans l'Antiquité^ p. 219 et suiv.

(5) Tacite, Hist,, IV, 50.

(6) Pline, V, 38 : c Atl Garamantes iter inexplicabile adhuc fuit... Proximo bello quod cum Oeensibus gessere initiis Vespasiani Imperatoris, compendium viao quatridiii doprehonsum csi. »

(7) Fréret, Observations générales sur la géographie ancienne, édition Walckenâer» p. 114. Marcus, dans sa traduction de la Géographie ancienne

ôtJfiRRBS. 237

ont supposé pour ces motifs que le Septimius Flaccus de Marinus de Tyr n'est autre que le Flaccus de Zonaras. J'avoue cependant que le silence complet des contemporains, surtout de Martial et de Stace, sur des expéditions qui avaient dû provoquer à Rome une vive curiosité, peut paraître assez étonnant. De plus , Marinus ne nous dit pas que Septimius Flaccus et Julius Maternus aient été des légats do l'empereur. — Peut-être faut-il mettre en relation avec ces expéditions lointaines les progrès faits par Toccupation militaire dans la région saharienne , au sud de la Proconsulaire, à la fln du premier siècle (1).

des Et&U barb&resques de Mannert, p. 217. Vivien de Saint-Martin, Le Nord de VAfrique dans l'antiquité, p. 223. Pallu de Lessert, Recueil de la Société archéologique de Constantine^ XXV, 1888, p. 39-40.

(1) Une inscription, découverte récemment entre Tôzenr et Qafsa, date de 97, elle fait connaître un castellus (= castellum) Thigensium^ avec la mention de Q. Fabius Barbarus Valerius Magnus Julianus, légat d'Auguste propréteur (Héron de Villefosse, Comptes rendus de V Académie des Inscriptions, 1891, p. 293). Une borne milliaire du temps de Nerva (C. I. L., VIII, 10016), trouvée aux environs de Gabés (Tacape), jalonnait une route unissant Tacape à Leptis Magna (Lebda).

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